Cédille en français
La cédille est un des diacritiques utilisés en français. Elle ne se place que sous la lettre c, autant sous une minuscule que sous une capitale : ç, Ç.
C cédille
Son rôle est d’indiquer que la lettre c doit se prononcer /s/ et non /k/ devant les voyelles graphiques a, o et u. Ainsi, on écrit lança, lançons et reçu. À l’origine, un z en fonction de lettre diacritique pouvait jouer ce rôle en espagnol, puis un e en français : lança se trouvait aussi écrit lancea ; c’est du reste ce système qui est utilisé encore aujourd’hui pour indiquer la prononciation /ʒ/ du g dans mangea, mangeons, gageure /gaʒyr/.
Le maintien d’un c dans ces mots s’explique par un archaïsme orthographique : l’étymon latin ou français reste ainsi visible, ce qui permet une plus grande cohérence visuelle en gardant un lien entre la forme à cédille dérivée et le radical dont elle est issue. De cette manière, lança et lançons restent clairement et visuellement rattachés au radical lanc- /lãs/ de lancer, lance, etc. De même reçu garde un lien avec recevoir. À l’inverse, si l’on doit, devant les voyelles graphiques e, i et y, obtenir le son /k/, on utilise un u en fonction de lettre diacritique à la suite du c : accueil.
T cédille
On peut noter qu'Ambroise Firmin-Didot, dans ses Observations sur l'orthographe, ou ortografie, française (1868) avait proposé à l'Académie française un projet de réforme visant à introduire un t cédille, ţ (selon votre configuration, il est probable que vous voyiez une virgule au lieu d'une cédille), dans les mots où t se lit /s/ devant i, ce qui aurait fait disparaître un grand nombre d'irrégularités dans les graphies (nous adoptions ~ les adoptions, pestilence ~ pestilentiel, il différencie ~ il balbutie. On aurait ainsi écrit : les adopţions, pestilenciel (c étant préféré pour mieux s'accorder à la base pestilence), il différencie, il balbuţie. En fait, comme l'auteur le signale, les grammairiens de Port-Royal avaient déjà proposé avant lui une telle amélioration (au moyen d'un t à point souscrit : les adopṭions). La pratique est même suivie par Simon Moinet, imprimeur et correcteur des Elzevier à Amsterdam en 1663 (il écrit par exemple invanţion). Le projet est resté lettres mortes.
Un tel t existe en roumain (où la cédille est normalement une virgule souscrite) : consulter Cédille, section « En roumain ».
Pour plus de détails sur l'histoire de la cédille, consulter Cédille à la section « Usages paléographiques ».
