Casuistique
| Sommaire |
Définition
La casuistique est utilisée en théologie morale, en droit, en médecine et en psychologie. Elle consiste à résoudre les problèmes posés par l'action concrète au moyen de principes généraux et de l'étude des cas similaires. Le mot « casuistique » vient du latin « casus » qui signifie : un événement fortuit, imprévu.
Ce que cela fut
Blaise_pascal.jpg
La casuistique fut utilisée comme une méthode de pédagogie adoptée dans l'enseignement de la religion et de la psychologie en vue d'inculquer un code moral. Elle fut également adoptée pour l'étude de faits particuliers afin d'aboutir au dégagement de lois générales. Elle s'inscrira dans les textes philosophiques grecs (Socrate, les Cyniques et les Stoïciens), puis dans le confucianisme, le judaïsme talmudique, l'islam et dans le christianisme. Le Christ y eut recours lors de ses discussions avec les Pharisiens mais condamna également son emploi excessif. Les deux traités d'Augustin d'Hippone abordent la question de savoir si une bonne intention excuse une faute et s'il est mal de dire un mensonge, en plaisantant, en guise de figure rhétorique. De plus, la casuistique ne peut atteindre l'action immédiate dans sa singularité, ne pouvant prescrire que les solutions toutes faites, elle doit se borner à l'état de questions, les plus complètes possibles. La casuistique ne peut donc se substituer au jugement de la conscience personnelle. Certains voudraient limiter son application à la détermination des fautes graves ou légère, mais alors, cela conduirait au minimalisme. Le 17ème siècle marque l'apogée de la casuistique chez les catholiques romains et chez les protestants. Au 17ème siècle, des penseurs cherchaient un moyen sûr d'éviter les pêchés, avaient tendance à proposer une éthique minimaliste. Pour répondre aux discutions sur l'utilisation du probabilisme dans les décisions morales, le philosophe français, Blaise Pascal, écrivit ses Provinciales en 1656, dans lesquelles, il attaquait les Jésuites, en particulier, la morale laxiste dont ils faisaient preuve dans leur casuistique.
Le combat Jésuites/Jansénistes
Saintignace.jpg
Augustinus_1.jpg
Les Jésuites
Pendant 150 ans, les Jésuites dominaient l'enseignement européen. Vers 1740, ils géraient plus de 650 collèges en Europe, avaient la charge de 24 universités et instauraient plus de 200 séminaires et maisons d'étude. Des cours de « cas de conscience » sont inscrits aux programmes et les élèves ont pour manuels les institutions morales dont le jésuite J. Azor éditera la première en 1600. Ces ouvrages comportent les principes pratiques empruntés souvent au droit et des applications casuistiques; ils sont très nombreux (600) et traitent plus de 20 000 cas ! Les réactions contre cette casuistique laxiste furent violentes, en particulier, celles venant des Jansénistes.
Les Jansénistes
Les Jansénistes, surtout sous la plume de Pascal, attaquaient non seulement le laxisme, mais aussi l'idée même de casuistique. Selon Pascal et le jansénisme, la casuistique introduite dans la raison humaine est une source d'erreurs et de pêchés car un chrétien doit, en effet, réguler sa conscience uniquement d'après la volonté de Dieu. Deux papes interdirent ce laxisme et la casuistique demeura la méthode de théologie morale catholique jusqu'au 20ème siècle.
Et les limites qu'elle rencontre d'aujourd'hui...
Depuis 1950, les morales dites de situations ont forcé la casuistique à définir ses limites, et à rendre plus précise sa perception du réel.
