Genève (canton)
| République et Canton de Genève | |
|---|---|
| Image manquante Flag-ch-ge.png Drapeau canton Flag-ch-ge.png | |
| Devise:Post tenebras lux | |
| Abréviation | GE |
| Langue officielle | Français |
| Capitale | Genève |
| Hymne | Cé qu'è lainô |
| Superficie - totale | Classé 20e 246,04 km² |
| Population - totale (2001) - densité | Classé 6e 438 483 hab 1782 hab/km² |
| Adhésion à la Confédération | 1815 |
| Image manquante Suisse-geneve.png | |
Le canton de Genève est un canton suisse de superficie modeste mais densément peuplé.
| Sommaire |
Histoire
Les premières traces d'occupation humaine du site de Genève remontent à 3000 av. J.-C. environ; elles ont été découvertes sur les rives du Léman. La colline de la vieille-ville ne sera habitée qu'en 1000 av. J.-C. Plus tard, Rome fera la conquête de Genève, alors tenue par une peuplade celte. En 58 av. J.-C., Jules César la défend contre une incursion des Helvètes. Vers 400, elle est érigée en évêché.
En 443, une tribu germanique, les Burgondes, se fixe dans la région. En 535, celle-ci est occupée par les Francs : Genève est incorporée à la monarchie mérovingienne, puis à l'Empire carolingien. La désagrégation de ce dernier, au IXe siècle, voit naître le Second Royaume de Bourgogne, auquel Genève appartient. En 1032, cet état passe aux empereurs germaniques.
En droit, Genève dépend désormais de l'Empire. En fait, depuis le XIe siècle jusqu'à la Réforme, elle est gouvernée par ses évêques devenus seigneurs de la ville. Pendant le Moyen Âge, Genève reste une localité secondaire jusqu'à ce que ses foires, qui atteignent leur plus grand essor au XVe siècle, lui donnent, pour la première fois, une aura internationale.
Cependant, son indépendance est menacée par la Savoie, dont les princes s'efforceront, du XIIIe siècle au XVIIe siècle, de s'emparer de la ville, sans y parvenir. Au moment du plus grave danger, dans le premier tiers du XVIe siècle, l'appui des cantons suisses de Fribourg et de Berne sauve l'autonomie de la cité.
Rome protestante
La Réforme triomphe en 1535. Politiquement, la cité est dès lors une république. Jean Calvin s'y installe en 1536 mais en est chassé en 1538 en raison de son intolérance, puis est rappelé en 1541. Il y restera jusqu'à sa mort en 1564. Dès 1550, une foule de protestants, en particulier français et italiens persécutés dans leur pays, y trouvent asile. Sous l'égide de Jean Calvin et de Théodore de Bèze, ils procurent à leur nouveau foyer un grand rayonnement religieux et intellectuel.
Les réfugiés aident aussi à redresser l'économie qui se trouve en récession depuis le déclin des foires à la fin du XVe siècle. Dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, le duc Charles-Emmanuel de Savoie tente une attaque nocturne contre Genève, mais cette tentative échoue. La défaite savoyarde est commémorée chaque année lors de la fête de l'Escalade.
Après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, les mesures prises par Louis XIV contre le protestantisme en France font affluer une deuxième grande vague de réfugiés. Le XVIIIe siècle est une époque de grande prospérité. Les industries genevoises - dont la plus connue est l'horlogerie - le commerce et la banque sont florissants. Jean-Jacques Rousseau naît à Genève en 1712 et Voltaire y vit de 1755 à 1778. Mais la cité est déchirée par des troubles civils.
La révolution genevoise de 1792 détruit le gouvernement aristocratique de l'Ancien régime et proclame l'égalité politique. En 1798, Genève est annexée par la France et devient le chef-lieu du département du Léman. La défaite des armées napoléoniennes lui rend sa liberté le 31 décembre 1813. Les magistrats de la République demandent son entrée dans la Confédération suisse, obtenue définitivement en 1815. En 1846, une révolution dirigée par James Fazy renverse le gouvernement de la Restauration et établit la constitution qui régit encore le canton. Au cours du XIXe siècle siècle et au début du XXe siècle, Genève accueille de nombreux réfugiés politiques. Suivant les idées du Genevois Henri Dunant, le Comité international de la Croix-Rouge est créé en 1864, première des institutions internationales que la ville va abriter.
La mission internationale de Genève s'affirme après la Première Guerre mondiale, lorsqu'elle est choisie comme siège de la Société des Nations, ancêtre de l'Organisation des Nations unies.
Géographie
Geneva_Saleve.jpg
Vuache_et_Jura_depuis_Salève.jpg
Situé à l'extrémité occidentale de la Suisse, au bout du lac Léman, ce canton partage plus de 90 % de ses frontières avec la France. Il est entouré du département de l'Ain à l'ouest, de la Haute-Savoie à l'est et du canton de Vaud au nord.
On donne le nom de cuvette genevoise à cette région ciselée en trois cadrans par le lac Léman dont les pierres du Niton servent à mesurer l’altitude (373,6 mètres), le Rhône, et l’Arve provenant du massif du Mont-Blanc via la vallée Blanche. Elle est ceinturée, sur territoire français, par le massif du Jura au nord-ouest dont le point culminant s'établit au Crêt de la Neige à 1720 mètres, là où le point le plus élevé du canton se situe aux environs de 513 mètres sur la commune de Jussy (à Monniaz), le Vuache à l'est, ainsi que le Mont-de-Sion au sud, décrit par César dans la guerre des Gaules comme le seul passage franchissable pour les convois de chars désirant quitter Genava en direction de la Narbonnaise. Le Salève, au sud-est, est situé en France mais on le surnomme la montagne des Genevois de par sa grande facilité d’accès (téléphérique) mais aussi grâce à sa situation privilégiée de surplomb au-dessus du canton et du lac, qui offre une vue pour le moins spectaculaire. Par temps clair, on bénéficie d'un panorama allant du Fort-de-l’Écluse, passage du Rhône creusé lors de la dernière glaciation par son glacier que l’on estimait s’étendre jusqu’aux alentours de Lyon et qui façonna les reliefs vallonnés et caillouteux de la plaine, jusqu’à Nyon dans le canton de Vaud.
La caractéristique principale du canton consiste en ce mélange très homogène entre d'un côté une ville moyenne par sa taille, mais grande par son rayonnement international aidé en cela par son aéroport créé en 1923 (8 millions de passagers en 2004), et de l'autre par une campagne encore bien conservée, située au maximum à environ 15 kilomètres du centre-ville : Le Mandement, au nord-ouest du canton, est une partie vallonnée qui a été notamment creusée par l’Allondon, un affluent du Rhône prenant sa source au pied du Jura et qui regroupe les communes viticoles de Dardagny, Russin, et Satigny. Le barrage de Verbois construit sur le Rhône fournit une bonne partie de l’énergie genevoise et relie le Mandement à la région de la Champagne, sur la rive gauche, entre les communes de Russin et Aire-la-Ville.
A noter que se trouve dans la Champagne la commune de Chancy qui détient la palme de la commune la plus occidentale de la Suisse. C’est à Bernex, la bourgade principale, que se trouve le lieu-dit du Signal, le deuxième point le plus haut du canton avec 509,9 mètres, sur lequel on allumait jadis un feu d’alarme destiné à être vu par le plus grand nombre et que l’on relayait de sommets en monticules bien avant l’avènement d’Internet ou du natel. Bernex regroupe sous son administration les villages de Lully et Sézenove, et est en passe de devenir une ville avoisinant les 10 000 habitants. On trouve encore dans cette région de petits villages au cachet très typique comme ceux qui ont été cédés par la Savoie en 1815 lors de l’entrée de Genève dans la Confédération tels Sézegnin, Athenaz, Avusy, Laconnex ou encore Soral, et ceux qui ont été cédés par la Sardaigne comme Cartigny ou Avully. La plus grande partie de la frontière entre la Champagne et la France est délimitée par l'Aire, petit affluent du Rhône qui passe à proximité de Soral et Sézegnin. La région comporte principalement des exploitations agricoles mais aussi viticoles et fournit, de par les couches de sédiments déposées par le glacier du Rhône, d’importantes ressources en gravier dont les installations et les excavations défigurent quelque peu le paysage.
Institutions politiques
Le système fédéral suisse donne une très large autonomie aux cantons. Ainsi, chaque canton dispose d'une constitution propre. Les droits politiques notamment peuvent varier assez sensiblement d'un canton à l'autre, voire d'une commune à l'autre (par ex. le droit de vote des étrangers).
Les cantons suisses diposent de larges prérogatives en ce qui concerne l'éducation et la formation, la santé, l'aide sociale, l'organisation de la justice, la police ou les transports. Les cantons lèvent aussi des impôts et taxes.
En ce qui concerne Genève, la constitution actuellement en vigueur date dans ses grandes lignes de 1848. Elle présente la particularité d'être modifiable en partie alors que les constitutions des autres cantons doivent en général être entièrement révisées. Cette particularité a permis l'inscription de principes juridiques modernes (par ex. le droit au logement) dans une structure qui date de près d'un siècle et demi.
Pouvoir législatif : Le pouvoir législatif est exercé par le Grand Conseil. Il est composé de 100 députés élus directement par le corps électoral au scrutin proportionnel tempéré d'un quorum de 7%. La durée de leur mandat est de 4 ans et leur mandat est renouvelable indéfiniment.
Il est compétent pour voter des lois dans tous les domaines de compétence du canton et pour approuver le budget et les comptes de l'État. En outre, il exerce la haute surveillance sur l'administration de l'exécutif. Genève est l'un des seuls cantons de Suisse dans lequel chaque député dispose d'un droit d'initiative législative. Ainsi, chaque député peut soumettre au législatif un projet de loi entièrement formulé.
Pouvoir exécutif : Il est exercé par le Conseil d'État qui est un collège de 7 membres élues directement et séparement par le corps électoral genevois au scrutin majoritaire. Il s'agit toujours d'une coalition de quatre partis et sa composition actuelle est la suivante (nom, parti et portefeuille) :
- Laurent Moutinot (PSS), département de l'aménagement, de l'équipement et du logement
- Charles Beer (PSS), département de l'instruction publique
- Robert Cramer (Les Verts), département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'environnement
- Carlo Lamprecht (PDC), département de l'économie, de l'emploi et des affaires extérieures
- Pierre-François Unger (PDC), département de l'action sociale et de la santé
- Martine Brunschwig Graf (PLS), département des finances et département des affaires militaires
- Micheline Spoerri (PLS), département de justice, police et sécurité
Le Conseil est assisté d'un chancelier (poste actuellement occupé par Robert Hensler).
Pouvoir judiciaire : Le canton est responsable de l'exécution de certaines lois fédérales et des lois cantonales sur son territoire. Le Procureur général, élu par le corps électoral tous les six ans, remplit le rôle classique du Ministère public. Il est également responsable administrativement, en tant que président de la Commission de gestion du pouvoir judiciaire, de l'ensemble des magistrats et fonctionnaires. Ils sont justiciables d'une institution spécifique pour tous les contentieux relatifs à l'exercice de leur mandat (Conseil supérieur de la magistrature).
Le canton dispose de juridictions dans tous les domaines habituels de l'exercice du pouvoir judiciaire. Il existe plusieurs juridictions d'appel et de cassation. L'appel en dernier ressort a généralement lieu devant le Tribunal fédéral.
Droits populaires : Les citoyennes et citoyens sont électeurs et éligibles à condition d'être de nationalité suisse et d'être domiciliés dans le canton de Genève. Les étrangers domiciliés depuis au moins 8 ans en Suisse (dont 3 mois dans le canton) ont obtenu le droit de vote au niveau communal le 24 avril 2005 suite au dépôt d'une double initiative populaire. Celle octroyant également le droit d'éligibilité a été refusée. Genève suit ainsi la plupart des cantons romands, plus libéraux que les cantons alémaniques, quant aux possibilités données aux étrangers de participer à la vie politique locale.
Les citoyens et citoyennes du canton de Genève disposent du droit de référendum et du droit d'initiative constitutionnelle et législative. Les droits de référendum et d'initiative législative existent aussi au niveau de la Confédération. Pour toutes les lois concernant un nouvel impôt ou la modification d'un impôt existant, le référendum est obligatoire. Il en va de même pour les lois modifiant la constitution. Le droit de référendum permet en outre de soumettre au corps électoral une loi votée par le parlement cantonal. Il faut pour ce faire réunir les signatures de 7000 électeurs au moins, dans les quarante jours qui suivent l'adoption d'une loi. Si les signatures sont réunies, le corps électoral est obligatoirement appelé aux urnes pour voter sur la loi. Le droit d'initiative permet à n'importe quel citoyen du canton de proposer une loi nouvelle ou la modification d'une loi existante. Il faut déposer les signatures de 10 000 électeurs au moins pour que la proposition soit soumise au vote populaire. Le parlement peut décider de soutenir l'initiative ou de lui opposer un contre-projet. Dans ce cas, la proposition initiale est soumise au vote avec le contre-projet. Le corps électoral se prononce alors sur l'un ou l'autre texte.
Communes
Le canton de Genève compte 9 villes (population à fin 2004) sur ses 45 communes :
- Genève, 185 526 habitants
- Vernier, 31 096 habitants
- Lancy, 27 010 habitants
- Meyrin, 20 615 habitants
- Carouge, 18 777 habitants
- Onex, 17 447 habitants
- Thônex, 13 226 habitants
- Versoix, 11 635 habitants
- Chêne-Bougeries, 10 091 habitants
Sources
- DUFOUR Alfred, Histoire de Genève, PUF Que-sais-je ? n°3210, 1997
Liens externes
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