Burgondes
Les Burgondes sont un peuple germanique du rameau ostique, originaire de Scandinavie (peut-être de Norvège), et ayant participé aux invasions et migrations de la fin de l'Antiquité et du haut Moyen Âge, période durant laquelle ils s'établissent durablement en Gaule.
Au terme de migrations en Germanie et sur le plateau bavarois, les Burgondes établissent un petit royaume avec la ville de Worms comme capitale (début du Ve siècle). Pris entre les Alamans au sud et les Francs au nord, menaçés par les Huns à l'est, ils restent en Rhénanie une trentaine d'années, en bonne entente avec Rome.
Dès cette période, des clans royaux burgondes se convertissent au christianisme orthodoxe (catholicisme), mais le peuple et la noblesse restent cependant en grande majorité païens et légèrement arianisés, aux contacts des Goths. En 436/437, sous la conduite de leur roi Gonthier et profitant de l'agonie de l'Empire romain d'Occident, ils rompent alors avec les Romains et se heurtent au général Aetius qui les défait grâce notamment à ses fidèles contingents de cavaliers huns. 20 000 guerriers burgondes seraient morts dans ce combat avec leur roi, le Gunther des Nibelungen ; le choc est terrible pour le peuple burgonde, terrorisé. Une partie d'entre eux sont soumis au roi hun Attila et s'établissent en Pannonie, tandis que les autres, certainement la majorité et bien que vaincus, se voient intégrés comme auxiliaires de l'armée romaine et reçoivent le droit de s'établir en Savoie (l'ancienne Sapaudia, ce qui signifie Pays des Sapins, et qui couvrait vraisemblablement les territoires frontaliers entre les Alpes et le Jura). En 443 commence officiellement le royaume de Burgondie avec Genève pour capitale principale et plus tard les villes de Lyon, prise en 457, perdue et reprise en 459, Dijon, Besançon, Autun, et Langres vers 460, Vienne en (463). Le peuple burgonde, vraisemblablement l'un des peuples germaniques les moins nombreux, divisé en deux groupes et réduit par les attaques hunniques et alémanniques des décenies précédentes (autour de 80 000 individus tout au plus), s'installe essentiellement autour de Genève, sur la rive Nord du lac Léman, en Romandie, et dans la vallée de la Saône. Des détachements militaires seront quant à eux cantonnés dans quelques points stratégiques comme notamment la forteresse d'Avignon et à Embrun ; rien d'une invasion massive en Gaule. En 475, ils atteignent la Durance et espèrent atteindre la Méditerranée. En 500/501, leur extension est stoppée par les Francs qui les battent près de Dijon, sur l'Ouche.
Vers l'an 502, alors en pleine apogée sous leur roi Gondebaud, les Burgondes ont étendu leur domination vers l'ouest et le sud et leur royaume est désormais centré sur le Lyonnais et le Dauphiné. Gondebaud a su éliminer ses trois frères pour concentrer le pouvoir entre ses mains, renforçant ainsi le pouvoir royal. En plus de faire rédiger un ensemble de lois mettant à pied d'égalité ses sujets gallo-romains et burgondes, (la célèbre loi Gombette), autorisant notamment les mariages mixtes mais réservant toujours les hautes fonctions politiques et militaires aux seuls burgondes, il est également connu comme étant l'oncle de l'épouse catholique de Clovis, Clotilde. Son fils Sigismond lui succède en 516. Celui-ci abandonne bientôt officiellement l'arianisme et devient un fervent catholique, pieux et sincère dans sa foi et tente d'amener son peuple dans sa foi. Il avait déjà fondé vers 515 l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, et en fit un lieu de pèlerinage. Cependant, assez impopulaire parmi son peuple resté majoritairement arien et païen, et manquant d'autorité face à la noblesse burgonde, celle-ci le livre finalement aux Francs ; l'un des rois de ces derniers, cherchant à punir la famille royale burgonde pour des raisons de crimes d'honneur (une sorte de vendetta ; faide germanique), le fait massacrer peu après avec sa famille (524) à Saint-Maurice-d'Agaune (dont le nom servira plus tard à baptiser l'abbaye fondée par le roi martyrisé, saint Sigismond). À sa mort, le royaume burgonde, déjà affaibli depuis la mort de Gondebaud et pressé par les Francs, les Alamans et les Ostrogoths d'Italie, est considérablement réduit. Mais grâce à leur victoire à la bataille de Vézeronce sur le roi franc Clodomir, tué au combat, les Burgondes et leur nouveau roi Godomar III sauveront un temps les restes du royaume.
En 534, le reste de la Burgondie est annexée par les Francs mérovingiens. Les Burgondes, déjà en voie d'intégration depuis une trentaine d'années environ, n'opposeront pas de grandes résistances face aux Francs. Ils se mêleront aux autochtones et seront totalement assimilés avant le milieu du VIIe siècle. Cependant, le souvenir de l'éphémère royaume burgonde et de ce peuple germanique resta longtemps dans les esprits et il laissa à leurs descendanrs directs (mais aussi aux autochtones), un sentiment national fort qui sera source de nombreux conflits dans tout le Moyen Âge, dès l'époque mérovingienne avec les tentatives de création d'une Burgondie indépendante, et plus tard opposant rois de France à l'Empire germanique. Quant à la loi Gombette, elle continuera à être réservée pour la noblesse d'ascendance burgonde. Elle sera supprimée au début du IXe siècle sous les protestations d'Agobard, archévêque de Lyon, qui jugea cette personnalisation des lois injuste par rapport au reste de la population plus défavorisée.
L'actuelle Bourgogne perpétue encore de nos jours par son nom, le souvenir de ce premier royaume : mais elle ne correspond d'aucune manière, cependant, au territoire qu'occupaient les Burgondes.
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Liste des rois burgondes
Avertissement concernant les noms propres du haut Moyen Âge
De nombreuses graphies existent pour les noms propres germaniques de cette période : celles-ci sont dues soit aux scribes, soit à l'évolution de la langue durant la période qui s'étend du Ve au VIIIe siècle, soit aux historiographies française et allemande du XIXe siècle.
Si la graphie la plus proche du nom original est préférable, lorsque qu'une graphie moderne est d'usage courant – en particulier dans le cas de personnages célèbres – cette dernière est ici privilégiée pour des raisons de cohérence des liens.
Dans ce cas, la forme la plus courante dans l'historiographie française est utilisée en priorité : la forme germanique ou latine est citée entre parenthèses et en italique. Exemple : Clovis (Chlodowech).
- n. c.-n. c. : Gondicaire(Gundicar) *
- n. c.-n. c. : Gonthier (Gunther) (mort en 437) avec ses frères Gebica, Godomar Ier et Gislehaire (Geislehar).
- 456 : Chilpéric Ier (Hilperic) et son frère Gondioc (Gundioc).
- 470 : Chilpéric Ier seul.
- 472 : Gondebaud (Gundobald) avec ses frères Chilpéric II, Godomar II et Godégisèl (Godogeisal).
- 474 : Gondebaud et Godégisèl seuls.
- 501 : Gondebaud seul.
- 516 : Saint Sigismond (Sigismund) et son frère Godomar III.
- 524 : Godomar III seul.
Voir aussi
Bibliographie
- Jean-Pierre Leguay, L'Europe et les États barbares, Ve-VIIIe siècles, Saint-Étienne, France, 2002 (ISBN 2-7011-3254-1)
- P. Périn & G. Duchet-Suchaux, Clovis et les Mérovingiens, P. Périn & G. Duchet-Suchaux, Paris, France, 2002 (ISBN 2-235-02321-5)
- Justin Favrod, Les Burgondes. Un royaume oublié au cœur de l'Europe, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2002 (ISBN 2-88074-596-9)
- Michel Rouche, Clovis, éd. Fayard, 1996 (ISBN 2-213-59632-8)
Liens internes
Histoire de la Bourgogne - Histoire de la Suisse
Liens externes
- Les Burgondes, ces Barbares méconnus qui nous ont permis de rester latins, Jocelyn Rochat
- Lex romana burgundionum (vers 500)
