Buffy contre les vampires

Séries télévisées

0~9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
par période / genre / origine

Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer, parfois abrégé BtVS) est une série télévisée américaine en 144 épisodes de 43 minutes, créée par Joss Whedon et diffusée du 10 mars 1997 au 20 mai 2003 sur le réseaux WB puis UPN. En France, la série a été diffusée du 3 avril 1998 au 17 octobre 2003 sur Série Club puis sur M6.

Sommaire

Synopsis

Cette série met en scène les aventures de Buffy, une jeune fille chargée d'éliminer démons et vampires.

Distribution

Voir la liste des personnages et des acteurs de Buffy contre les vampires.

Récompenses

Épisodes

Voir la liste des épisodes de Buffy contre les vampires.

Commentaires

Présentation

Buffy contre les vampires est une série créée par Joss Whedon, tirée de son film éponyme, Buffy, Tueuse de vampires, qui n'avait que très modérément rencontré le succès. Aujourd'hui, cette émission compte de nombreux fans, et elle est passée au stade de série culte, même si elle est souvent décriée par certains critiques pour sa violence et ses allusions sexuelles.

Interprétée par la comédienne Sarah Michelle Gellar, cette série raconte l'histoire de Buffy Anne Summers, une adolescente arrachée à sa vie de jeune fille superficielle pour faire face aux drames de la mission de tueuse de vampires. « Elle est l'élue, la tueuse... C'est à elle qu'incombe la lourde tâche de combattre les forces du mal, elle est la seule de sa génération... », alors qu'elle n'aspirait qu'à être une jeune fille comme les autres, à vivre sa vie d'adolescente...

Avec ses sept saisons, la durée de la série a permis de développer la psychologie des personnages. Au-delà d'un récit de vampires, démons, et fantômes, BTVS a suscité un fort mouvement d'identification chez son public, qui ne se limite pas aux seuls adolescents.

Aujourd'hui, même après l'arrêt de la série, de nombreux fans continuent à la faire vivre, notamment grâce à Internet.

Analyse

Attention : Ce qui suit dévoile tout ou partie de l'œuvre !

Une lecture à plusieurs niveaux

La série télévisée Buffy contre les vampires suscite des appréciations contrastées : profondément débile pour les uns, immorale pour les autres, digne d'intérêt pour les derniers.

Joss Whedon, son créateur, metteur en scène et principal scénariste a fondé le thème de cette série sur une inversion du principe classique des films d'horreur. Au lieu de montrer une blonde pourchassée par des vampires, Buffy est une blonde qui tue des vampires !

Le résultat peut susciter un profond malentendu : il est possible d'apprécier BTVS par une lecture au premier degré, en regardant une jolie fille court-vêtue démolir grâce à ses pouvoirs les vampires et autres démons dans des scènes d'action efficaces.

Mais l'originalité des scénarios est de permettre une lecture à un autre niveau, qui donne aux péripéties de Buffy une dimension métaphorique inhabituelle pour une série supposée fournir un simple divertissement au grand public.

Les thèmes de la série

Un parcours initiatique

Il y a plusieurs grands thèmes qui sous-tendent les différentes saisons de Buffy.

En premier lieu, BTVS raconte un parcours initiatique, celui d'une jeune fille qui sort de l'adolescence pour devenir une jeune adulte. Les vampires qu'elle affronte sont la métaphore des peurs et des angoisses qu'elle doit affronter pour devenir adulte :

La spécificité de BTVS est de présenter ce parcours vers l'âge adulte sous la forme d'une épopée: Buffy mûrit à travers les épreuves qu'elle affronte, selon un schéma tout à fait classique également repris dans Harry Potter, par exemple. On voit ainsi les thématiques se complexifier au cours de la série, devenant à la fois plus sombres, plus réalistes mais également plus profondes à mesure que Buffy quitte l'adolescence et son insouciance.

La durée de la série (sept saisons en tout, avec un projet de deux épisodes supplémentaires pour 2004) permet d'observer sur plusieurs années l'évolution de la psychologie des personnages. Les séries télévisées bénéficient sur ce plan d'une caractéristique hors de portée pour le cinéma.

Éros et Thanatos

En second lieu, Buffy est un personnage obsédé par le sexe et par la mort. Éros et Thanatos sont inextricablement liés dans les scénarios de BTVS. L'obsession sexuelle est très présente, mais elle se manifeste surtout par un profond sado-masochisme. Celui-ci était très discret dans la saison 1, puis il est devenu plus visible dès la saison 2 avant d'être ouvertement affiché à partir de la saison 3.

Buffy sait que son espérance de vie est faible : aucune tueuse de vampires n'a vécu bien longtemps. Elle sait également que son combat contre les forces du mal est sans espoir : elle sera nécessairement vaincue et une autre tueuse devra prendre la relève. Sa mission de tueuse lui a été imposée et elle va souvent faire son devoir contre son gré, en regrettant amèrement sa vie de simple lycéenne.

Buffy n'est pas pour autant un personnage soumis : elle se révolte contre l'autorité du Conseil des observateurs qui la considère comme de la simple chair à canon. Elle préfère poursuivre son combat de façon autonome, entourée de ses amis, mais en récusant toute tutelle. Il lui arrive de craquer psychologiquement : elle fait une fugue pendant un été et il lui arrive de se réfugier dans un monde imaginaire et régressif lorsque la tension devient trop difficile à affronter. Mais elle finit par surmonter ses faiblesses pour repartir soulever des montagnes.

Là réside une des clefs du succès de BTVS : Buffy ne fait pas partie de ces super-héros inoxydables, invincibles et insensibles. Pour partie, les spectateurs se retrouvent dans les failles de Buffy et dans son énergie pour plonger dans un combat à l'issue forcement fatale. Mais, d'autre part, monde impitoyable, les fans jouissent d'un réel plaisir sadique à voir souffrir Buffy...

Le message de Buffy est simple : la vie est dure, mais cela ne doit pas nous empêcher de filer des grands coups de latte dans la tronche des vampires...

Les rapports de Buffy avec la sexualité sont compliqués. Lorsqu'elle perd sa virginité avec Angel (un vampire !), elle met le monde en péril en manquant provoquer une apocalypse. Le discours n'est pas répressif pour autant : la frustration sexuelle de Buffy est montrée comme une réelle source de souffrance. Même lorsqu'elle a une relation relativement stable avec Riley et qu'elle se montre très « demandeuse » de rapports, les scénaristes prennent un plaisir diabolique à glisser une Faith sexuellement bien plus provocatrice dans le lit de son petit ami.

Buffy fut également tentée par une relation saphique avec Faith, une autre tueuse de vampires, qui exerce une profonde attraction sur Buffy en lui faisant reconnaître l'inavouable plaisir qu'elle prend dans la violence et la mort des vampires. Le thème de l'homosexualité féminine est par la suite abordé de façon très ouverte lorsque Willow, la meilleure amie de Buffy, tombe amoureuse d'une autre fille, Tara, qui se joint à la chasse aux vampires.

Dans cette série, la mort n'est pas montrée comme une simple angoisse existentielle. Il y a réellement un lien entre Eros et Thanatos dans les scénarios de BTVS. Lors d'un épisode qui montre de façon très crue la mort de la mère de Buffy, un personnage féminin, Anya, pourtant amie de Buffy, exprime de façon très incorrecte le regain d'excitation sexuelle que cette proximité avec la mort lui procure ! Spike, un vampire qui aime et hait à la fois Buffy, éprouve une excitation sexuelle en imaginant Buffy en train de le tuer, alors même qu'il fait l'amour avec Harmony, une autre vampire !

De même, Buffy est amenée à prendre conscience de la fascination que l'idée de sa propre mort lui procure. Cette pulsion de mort trouve à s'épancher, puisque Buffy meurt une première fois à la fin de la saison 1, puis se suicide à la fin de la saison 5 pour sauver sa sœur, Dawn, par son sacrifice.

Une série féministe

Joss Whedon a raconté a plusieurs reprise que l'idée de Buffy lui était venue car il en avait assez de voir, dans les films d'horreur, la jolie blonde se faire systématiquement attaquer par le monstre, et qu'il avait ainsi voulu renverser ce schéma.

La dimension féministe de Buffy est en effet évidente: dans la série, ce sont les filles qui ont le pouvoir. Buffy, bien sûr, mais également Willow qui devient une sorcière très puissante, Anya, l'ex-démonne qui a plus de 1000 ans, et Dawn, sœur de Buffy, issue d'une boule d'énergie capable d'ouvrir les frontières entre les univers.

A côté, les seuls hommes ayant des pouvoirs sont des vampires, ou pour le moins des ennemis, et sont systématiquement vaincus. La septième et dernière saison est à cet égard exemplaire: le thème principal, annoncé dès le premier épisode, est le pouvoir; et la saison met en scène une petite armée de jeunes filles, « tueuses potentielles » attendant d'être « appelées », aux prises avec le Mal absolu dont le bras droit est un ex-prêtre à la misogynie stupéfiante. Pour le vaincre, Buffy a l'idée à de partager son pouvoir non seulement avec les potentielles mais avec toutes les jeunes filles de par le monde: « Etes-vous prêtes à être fortes? » demande-t-elle. Le message est clair: après avoir passé toutes ces années à regarder Buffy se battre, c'est à chacune de reprendre le flambeau. Le pouvoir ne vaut que partagé.

Cependant BTVS n'est pas une série « anti-hommes »: Angel, Spike, Giles et Xander jouent un rôle prépondérant à la fois dans la vie personnelle de la Tueuse et dans la lutte contre les forces du Mal. Spike et Xander ont même sauvé le monde plusieurs fois! En effet, le féminisme de la série consiste moins à dénoncer le machisme et/ou le sexisme qu'à présenter un modèle, jusque là inédit, d'héroïne forte et non subordonnée à un homme (à l'inverse des Drôles de dames, par exemple). À cet égard Buffy a ouvert la voie à tout un courant de séries et de films, parmi lesquels on peut ranger Alias et Kill Bill, et c'est d'ailleurs l'un des grands mérites de la série que d'avoir changé radicalement l'image des héroïnes à la télévision comme au cinéma.

Esthétique

La série mélange habilement les genres : comédie, drame, épopée s’entrecroisent, souvent au sein d’un même épisode, dans une esthétique mêlant comics, film d’horreur, arts martiaux et série sentimentale pour adolescents type Dawson. Ses dialogues, fins et drôles, ont beaucoup contribué à son succès dans le monde anglo-saxon ; ils sont malheureusement considérablement affadis dans la version française, qui escamote une grande partie des jeux de mots et références culturelles qui font le charme de Buffy. Cela a certainement contribué à la mauvaise réception de la série en France, où elle est généralement cataloguée comme « série sans intérêt pour adolescents », alors qu’elle draine aux États-Unis un public beaucoup plus large, et a même fait l’objet de plusieurs études universitaires.

Certains épisodes, dits parfois « de luxe », se distinguent par leur originalité et leur qualité esthétique. Les plus connus sont :

- « Un silence de mort » (« Hush » en VO), où la plus grande partie de l’épisode se déroule sans aucun dialogue. Il a été nominé aux Emmy Awards en 2000 dans la catégorie « Meilleur scénario ».

- « Orphelines » (« The Body ») relate la mort de la mère de Buffy avec un réalisme rarement atteint dans ce type de série.

- « Que le spectacle commence » (« Once More With Feeling ») est un épisode musical, légèrement plus long qu’un épisode traditionnel. Il est paru individuellement en DVD ; sa bande originale, composée par Joss Whedon, le créateur de la série, est également sortie en CD.

Le fandom de Buffy

La richesse du monde de Buffy a suscité un vaste mouvement de fans autour de cette série, amplifié par Internet. Ironique revanche de l'écrit sur l'audiovisuel, BTVS est la série qui a suscité le plus grand nombre de fanfics, y compris en France. Le public s'est ainsi réapproprié un mythe dans un monde où la culture populaire est devenue la propriété privée des entreprises du spectacle...

En conclusion, personne ne dira que BTVS est un chef-d'œuvre. Cette série reste un produit de l'industrie de divertissement américaine. Mais les scénarios abordent des thèmes d'une gravité et d'une ampleur insoupçonnables pour un produit censé être de grande consommation. La plus belle distinction reçue par BTVS est celle décernée par le très conservateur de droite militant « Parent television council », qui classe Buffy en 2002 comme « la pire des séries télévisées »...

Voir aussi

Bibliographie

En dehors des romans inspirés par l'univers de Buffy et des « companion books » (guides des épisodes, etc.), cette série a suscité un nombre inhabituel d'essais « sérieux », parfois universitaires. Malheureusement aucun n'est traduit en français.

Liens internes

Liens externes


Image manquante
Télé.jpg


Portail Télévision - Accédez d'un seul coup d’œil à toute la série des articles de Wikipédia concernant la télévision.

See also: Buffy contre les vampires