Bonaventure de Bagnorea
Théologien, docteur de l'Église (surnommé le « Docteur séraphique »), ministre général des franciscains, il est, à l'instar de son contemporain Thomas d'Aquin, l'un des piliers de la théologie chrétienne au Moyen Âge.
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Biographie
Il naît de Giovanni da Fidanza et de Maria Ritella. Baptisé Giovanni à sa naissance, il prend par la suite le nom de « Bonaventure ». Nous ne savons rien de sa jeunesse, ni des raisons de son changement de nom. Selon une tradition du XVe siècle, le jeune Giovanni, gravement malade, aurait été apporté à François d'Assise, lequel se serait écrié en le voyant : « O buona ventura! » (« quelle chance ! »).
Il rejoint l'Ordre des frères mineurs à la fin des années 1230. Il est ensuite envoyé étudier à la Sorbonne sous la houlette d'Alexandre de Hales, grand théologien franciscain de l'époque. En 1248, Bonaventure obtient sa licence, ce qui l'autorise à enseigner à son tour à l'Université. En 1256, l'animosité montante des universitaires à l'égard des ordres mendiants l'oblige à quitter son poste. Après la condamnation de Guillaume de Saint-Amour, principal adversaire des Mendiants, Bonaventure reçoit son doctorat en 1267, en même temps que Thomas d'Aquin.
En 1257, et malgré son jeune âge, Bonaventure avait été élu ministre général de son ordre, en succession de Jean de Parme. Il se trouve confronté à la querelle entre Spirituels et Conventuels, c'est-à-dire entre partisans de la pauvreté absolue et partisans d'une évolution de l'ordre, en particulier vers l'enseignement. Bonaventure condamne les Spirituels, en particulier les joachimistes, artisans des thèses de Joachim de Flore. Lors du chapitre général de Narbonne, il fait réviser les constitutions de l'ordre. Il s'attelle ensuite à une biographie de François d'Assise, qu'il présente en 1263 au chapitre général de Pise. À cette occasion, il redessine la carte des provinces de l'ordre. Il prescrit également la sonnerie des cloches à la tombée de la nuit, en l'honneur de l'Annonciation — pratique qui préfigure la prière de l'Angélus.
En 1265, Clément IV le nomme archevêque d'York, mais Bonaventure refuse cet honneur. L'année suivante, le chapitre général de Paris ordonne la destruction de toutes les Vies de François d'Assise, à l'exception de celle rédigée par Bonaventure, déclarée la seule authentique et digne de foi. Cette mesure est condamnée par les zelanti, partisans d'un retour aux sources, qui y voient la confiscation par Bonaventure du personnage de François.
En 1271, Bonaventure intervient dans le conclave réuni à Viterbe après la mort de Clément IV. Sur ses conseils, les cardinaux élisent Tebaldo Visconti, qui prend le nom de Grégoire X. En 1273, Bonaventure est consacré cardinal-évêque d'Albano par le nouveau pape. L'année suivante, Bonaventure quitte la tête des franciscains. Il est remplacé à cet office par Jérôme d'Ascoli, futur Nicolas IV. Il est alors chargé par Grégoire X de préparer le IIe concile de Lyon, qui s'ouvre le 7 mai 1274.
Durant le concile, Bonaventure prend la parole à deux reprises devant les pères conciliaires. Il meurt le 15 juillet, pendant la session. Selon son secrétaire, Pérégrin de Bologne, il aurait été empoisonné. Il est inhumé dans l'église franciscaine de Lyon. Son oraison funèbre est prononcée par Pierre de Tarantaise, futur Innocent V.
Quand 1434, ses restes sont transférés dans une nouvelle église dédiée à François d'Assise, le tombeau est ouvert. Sa tête aurait alors été trouvée dans un parfait état de conservation, ce qui favorise grandement la cause de sa canonisation. Le 14 avril 1482, Sixte IV l'inscrit au nombre des saints. Bonaventure est proclamé docteur de l'Église le 14 mai 1557 par Sixte Quint.
Œuvre
Son œuvre inspire un courant, le « bonaventurisme », qui s'inscrit lui même dans l'augustinisme et qui s'oppose au thomisme par l'humilité qu'il associe à la raison humaine, incapable d'accéder à la plénitude de la vérité sans l'aide de Dieu, tandis que Thomas d'Aquin est beaucoup plus confiant dans les capacités de l'homme.
Raymond Lulle, Juan Luis Vives, Raymond Sebond sont les héritiers de ce courant.
L’Apologie de Raimond Sebond (Wikisource) de Michel de Montaigne appartient de fait à cette tradition.
- Breviloquium
- Commentaire sur les sentences de Pierre Lombard
- Vie de saint François
Voir aussi
Bibliographie
- (en) q.v., Catholic Encyclopedia, Robert Appleton Company, New York, 1907 [lire en ligne].
- Histoire de l'Église depuis les origines jusqu'à nos jours, t.X (1198-1274), Paris : Bloud & Gay, 1959 ;
- (en) Rosalind B. Brooke, Early Franciscan Government: Ellias to Bonaventure, Cambridge University Press, 2004 ;
- Andrée Comparot, Augustinisme et aristotélisme : de Sebon à Montaigne Paris : Éd. du Cerf, 1984 ;
- Étienne Gilson, La philosophie de saint Bonaventure, Paris : Vrin 1953 ;
- Joseph Ratzinger, La théologie de l'histoire de saint Bonaventure, Paris : PUF 1988 ;
- André Vauchez (s. dir.), Apogée de la papauté et expansion de la chrétienté (1054–1274) (Histoire du christianisme, t. V), Paris : Desclée, 1992.
Articles connexes
Lien externe
- Œuvres spirituelles de S. Bonaventure, traduites par l'abbé Berthaumier, Paris, Louis Vivès, 1854.
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