Bobby Fischer
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Les débuts
Son père, Gerhardt Fischer, biophysicien allemand, divorça de sa mère Regina, américaine, en 1945. C'est sa mère qui s'occupa de son éducation et de celle de sa sœur Joan, son aînée de six ans. Bobby ne verra plus son père. Regina et ses deux enfants déménagèrent pour Mobile dans l'Arizona puis s'installèrent deux ans plus tard à Brooklyn.
Un jour de 1949, Joan, pour distraire son petit frère, lui acheta un jeu d'échecs au bazar du coin. Il apprit seul les règles à l'aide du feuillet joint au jeu. Ce n'était au début qu'un jeu comme les autres pour le petit Bobby. Néanmoins, la lecture d'un livre contenant des parties d'échecs changea la donne. Pour preuve, Regina, sa mère, racontait que lorsqu'il lisait ce livre, il était inutile d'essayer de lui adresser la parole. Sa mère l'inscrivit ensuite au Brooklyn Chess Club. Il participa à son premier tournoi à l'âge de dix ans.
En 1954, Bobby n'avait plus de rivaux digne de ce nom dans le club de Brooklyn. Il s'inscrivit alors au prestigieux Manhattan Chess Club, fréquenté par les meilleurs joueurs du pays. Il s'essaya ensuite en 1956 au championnat open des États-Unis et se classa quatrième. Il remporte cependant, la même année, le championnat des États-Unis junior, ce qui constitue son premier réel succès.
La transformation en grand maître
En janvier 1958, Fischer devint Champion des États-Unis à l'âge de 14 ans. Grâce à ce titre, Fischer était qualifié pour participer aux Championnats Interzones qui constituent la première marche vers le titre de Champion du Monde. Cependant, personne n'était prêt à parier sur la qualification du jeune Fischer au Championnat du Monde (les six premiers des Championnats Interzones étant qualifiés pour le Championnat du Monde), ce fut donc une surprise lorsque Fischer termina cinquième ex-æquo de cette compétition, ce qui, au passage, lui permit de se voir conférer le titre de grand maître international.
Le championnat du monde
Fischer fut dès l'âge de 16 ans candidat au titre mondial mais n'eut pas la réussite escomptée. Il dénonça lors du tournoi des candidats de 1962 la collusion entre les trois premiers du tournoi dont Tigran Petrosian et Paul Kérès, qui avaient conclu de courtes parties nulles entre eux, pour préserver leur énergie contre lui. La FIDE changea les règles du cycle de qualification en organisant des matches plutôt qu'un tournoi.
En 1967, Fischer se retira au tournoi de qualification de Sousse en Tunisie, qu'il dominait largement, car il refusait d'affronter consécutivement plusieurs joueurs soviétiques sans avoir de jour de repos.
En 1970, il fut repêché, grâce à un désistement de dernière minute, pour disputer le tournoi qualificatif de Palma de Majorque. Après un début difficile, il remporta les 6 dernières parties dont l'ultime par forfait. Puis il écrasa le Soviétique Taimanov et le Danois Larsen par 6 à 0 en match avant de vaincre l'ancien champion du monde Petrosian par 6,5 à 2,5. Fischer a établi une série de 19 victoires consécutives en partie officielle -un record à ce niveau-.
Joueur d'échecs, il fut champion du monde en 1972 en battant en Islande le russe Boris Spassky, titre qu'il perdit lorsqu'il refusa les conditions du match en 1975 face à Anatoly Karpov.
Fin de carrière ?
Il disparut ensuite complètement du monde échiquéen pour réapparaître pour quelques matchs, notamment avec Boris Spassky, en 1992 en Yougoslavie alors en pleine guerre civile et sous embargo des États-Unis. Il est alors pousuivi dans son propre pays pour violation de cet embargo et également fraude fiscale. Il vécut alors clandestinement dans différents pays d'Asie dont le Japon. Il fit quelques brèves apparitions médiatiques pour faire quelques déclarations très controversées, notamment à l'occasion de l'attentat du 11 septembre 2001. Il fut arrêté en juillet 2004 à l'aéroport de Tokyo et placé en détention. En Octobre 2004, il a demandé l'asile politique à l'Islande. La citoyenneté de ce pays lui a été accordée et il a pu rejoindre ce dernier en mars 2005.
En 1996, il créa une variante du jeu d'échecs : le Fischer Random Chess, et il refuse depuis de jouer une partie qui ne se déroulerait pas selon ces règles.
Une partie
(Viktor Kortchnoï-Bobby Fischer, tournoi blitz de Herceg Novi, 1970)
1. d4 Cf6 2. c4 g6 3. Cc3 Fg7 4. e4 d6 5. Fe2 0-0 6. Cf3 e5 7. O-O Cc6 8. d5 Ce7 9. Cd2 c5 10. a3 Ce8 11. b4 b6 12. Tb1 f5 {les noirs sont prêts pour lancer l'attaque côté roi} 13. f3 f4 14. a4 g5 15. a5 Tf6 ! 16. bxc5 ? bxc5 17. Cb3 Tg6 18. Fd2 Cf6 {ou ...h5!} 19. Rh1 g4 {ou 19...h5} 20. fxg4 {forcé à cause de la menace 20...g3 et si 21 h3 Fxh3 etc.} Cxg4 21. Tf3 ? (21 Ff3!} Th6 22. h3 Cg6 23. Rg1 Cf6 24. Fe1 Ch8 !! 25. Td3 Cf7 26. Ff3 Cg5 27. De2 Tg6 28. Rf1 {si 28 Rh2 Dd7 menace 29...Cxh3 etc.} Cxh3 29. gxh3 Fxh3+ 30. Rf2 Cg4+ 31. Fxg4 Fxg4 32. abandon {il n'y a rien à faire contre la menace double 31...Fxe2 et 32...Dh4+}
