Bleimor
Bleimor était une organisation de scouts bretons. Le nom signifie le loup de mer en breton. Il vient du pseudonyme utilisé par un poète breton Jean-Pierre Calloc'h, mort lors de la Première Guerre mondiale.
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Historique
Scoutisme
Créé le 9 janvier 1946 à Paris, le Centre scout Bleimor (de langue bretonne) prend le nom d'Urz Skatoued Bleimor. Pierre Géraud-Kéraod et Lizig Géraud-Kéraod sont les initiateurs de centre. Les statuts de la Communauté Bleimor sont officiellement déposés auprès de la Préfecture de Police de Paris en avril 1950. Le but de l'association est la : « Pratique du scoutisme et des activités d'expression culturelle, danse, chant choral, musique populaire, jeu dramatique » (pas de référence aux Scouts de France, ni à la langue bretonne). Le premier bulletin, publié en 1947, précise les objectifs : « Action chrétienne, expression celtique, service social, formation spirituelle, culturelle et folklorique des scouts routiers, cheftaines et Guides de France d'origine bretonne ». C'est dans le souvenir de l'abbé Perrot que culmine le « militantisme breton » des scouts Bleimor. Cette organisation de scoutisme est membre de la fédération Kendalc’h créée en 1951 ainsi que du Kuzul ar Brezhoneg, fédération créée en 1958 (elle regroupe les associations bretonnes militant pour l'orthographe unifiée du breton). En 1949, on retrouve affilié : les communautés de Paris, Rennes et Saint-Brieuc. Dès 1957, les scouts Bleimor rencontrent à l'École des Cadres d’Orsay les Éclaireurs israélistes de France autour de leur chef Léon Askénazi (pour rassembler des peuples dispersés et sauvegarder l'identité de sa jeunesse). En 1960, à Paris, l'organisation est complétée par une structure d’extension (Bleimor-Sana), un bagad, une chorale, une formation de harpistes (dont le jeune Alan Stivell devenu penn sonner (chef sonneur) du bagad en 1961 après Gwenolé Le Menn, Loeiz Laurent et Donatien Laurent). En 1962, il y a 215 membres dont la majorité est à Paris, puis Rennes, Quimper, Vannes et Quintin.
Bagad
Dès 1950, au Bleung-Brug de Saint-Pol-de-Léon, une représentation publique du bagad Bleimor est organisée. Ce bagad va être présent dans de très nombreuses manifestations bretonnes (il est champion de Bretagne des bagadou en 1966, 1973, 1980 et 1987). En novembre 1967, il se détache de l'organisation Bleimor et se constitue en association indépendante. Il devient l'un des bagadoù officiels de la ville de Lorient où il s'installe, pour en 1969, quitter Lorient pour Langonnet. Le Bagad Bleimor est également connu sous le nom de Bagad Bleimor An Arvorig.
Nationalisme breton
Il faut ajouter parmi les membres d'une forte émigration économique venu de la Bretagne, celle politique de militants nationalistes bretons assignés à résidence en région parisienne à la suite de la Libération, qui se retrouve soit dans la structure associative, soit par la participation de leurs enfants (Ainsi le fils de François Debauvais, entré par l’intermédiaire d’Herry Caouissin (lié à l'organisation scout) ou encore Paul Gaignet, ancien cadre du Parti national breton sous l’Occupation, qui devient en 1962 responsable de la structure regroupant les amis et les anciens de cette organisation. On y retrouve aussi le capitaine de vaisseau Le Masson. En janvier 1948, le clan lié à Bleimor va occuper les locaux du journal La Bretagne à Paris à la suite d’un article rendant compte de l’arbre de Noël des petits Bretons de région parisienne et évoquant « la dissidence larvée des scouts bretons ». En 1952, il perturbe la fin d’un meeting organisé par le journal Témoignage chrétien en faveur des époux Rosenberg. Il réclameront aussi la libération du militant nationaliste breton André Geoffroy.
Michel Nicolas décrit dans son livre : « On imagine assez bien l’atmosphère régnant dans les cercles celtiques, proche d’une sorte de scoutisme où les Breizh Atao en faveur de la Bretagne constituent pour les jeunes à la fois une règle de vie et un comportement militant ».
Toute une génération de militants bretons a été issue du scoutisme breton :
- Alan Stivell,
- Yann Bouessel du Bourg,
- Gwenolé Le Menu,
- Donatien Laurent,
- Gwenchlan Le Scouezec,
- Ronan Le Prohon,
- Erwan Evenou,
- Thérèse Miniou,
- Per Denez.
Bibliographie
- Christophe Carichon, Le scoutisme en Bretagne, des origines à nos jours, DEA. Université de Bretagne occidentale, 1995.
- Michel Nicolas, Histoire du Mouvement breton, Syros, 1982.
