Bioéthique
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La bioéthique est une partie de l'éthique. En tant que telle, elle est une recherche de normes morales applicables à la recherche biologique et à tout ce qui concerne les manipulations techniques du vivant. Le terme « éthique » provient de êthos qui signifie en grec « manière d'être ».
| Sommaire |
La bioéthique et les biotechnologies
La bioéthique est devenue un sujet d'actualité, suite aux manipulations génétiques effectuées sur les plantes alimentaires, au clonage et à l'utilisation d'embryons humains.
Les domaines couverts par la bioéthique sont par exemple :
- l'expérimentation sur l'homme ;
- le don et l'utilisation d'éléments et produits du corps humain ;
- l'assistance médicale à la procréation et toutes les questions éthiques liées à l'amont de la naissance ;
- la manipulation du génome ou des connaissances du génome ;
- l'utilisation des donnés de santé à caractère personnel dans la recherche.
Techniques de procréation assistées
La procréation médicale assistée a été le premier domaine d'application de la bioéthique, avec la crainte de dérives eugénistes. Ainsi, en France, le Comité consultatif d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a été crée après la première naissance par fivete en 1982. Les principales questions qui se posent sont:
- le diagnostic préimplantatoire ;
- le clonage reproductif :
- la procréation médicale assistée ;
- le statut des embryons surnuméraires.
Certains groupes de pression anti-avortement veulent y adjoindre la question du diagnostic prénatal. Ils font remarquer que la découverte d'une anomalie handicapante, comme par exemple la syndrome de Down (trisomie 21), conduit le plus souvent à une interruption volontaire de grossesse.
Génie génétique
Si la transgénèse pose le problème de la bioéthique, les réactions les plus fréquentes face au génie génétique sont largement fonction de l'objectif final, plus que de l'organisme concerné, tout du moins lorsque cet organisme n'est pas d'origine humaine.
Ainsi, le génie génétique ayant des buts médicaux et pharmaceutiques (fabrication de vaccins, thérapie génique, diagnostic prénatal) est-il mieux perçu que les manipulations ayant des buts alimentaires ou ludiques (OGM, clonage d'animaux familiers) qui soulèvent beaucoup plus de problèmes.
Le développement de la génétique est si rapide que la plupart des mutations à l'origine d'affections monogéniques sont connues, et il est probable qu'on connaîtra rapidement un très grand nombre de gènes de prédisposition à d'autres maladies. Il faut donc s'attendre a l'apparition de tests de prédisposition génétiques pour un nombre de plus en plus grand de maladies. Si ces tests sont des alliés précieux en matière de santé publique et de préventions des risques, il font craindre l'apparition de discriminations, par exemple pour l'accès à l'assurance ou au marché du travail. Le film d'anticipation Bienvenue à Gattaca illustre les méfaits d'une telle dérive sociale.
Les manipulations humaines (profil génétique, clonage reproductif, amélioration) sont de plus en plus débattues par la communauté scientifique.
Dons d'organes
Face au progrès de la transplantation, le législateur a du définir comment la pénurie d'organes doit être gérée. Une autre problématique importante est le don d'organes entre donneurs vivants.
Le don de cellules souches et le clonage thérapeutique sont également sujets à controverse.
Brevetage du vivant
Le problème du brevetage du vivant consiste à savoir si une séquence de gènes est brevetable et si les applications de sa découverte, médicaments, tests, etc, le sont également. C'est un enjeu de première importance pour les entreprises qui ont investi des sommes d'argent considérables dans le décodage du génôme humain, mais également pour les éventuels progrès de la connaissance induits par la découverte de ces gènes. En outre, la question des brevets de médicaments pose le problème de l'accès au soin pour les plus pauvres. Une législation mal adaptée pourrait conduire à la biopiraterie.
Biotechnologies et législation
Les attitudes face au débat de la bioéthique sont très variées : certains n'y percevant pas le moindre enjeu moral, dès lors que la sécurité de l'espèce humaine est assurée ; d'autres percevant les évolutions actuelles comme une ultime transgression vis-à-vis de la nature humaine.
Sur le plan politique, il s'agit d'arbitrer et de contrôler la recherche sur le vivant et l'exploitation commerciale de ses résultats. Le but de ce contrôle est de s'assurer que les pratiques induites par ces avancées technologiques resteront moralement acceptable par la société.
En pratique il est très difficile de restreindre la recherche par la loi : rien n'empêche une équipe à s'installer dans un pays plus permissif. Le risque pour les pays prohibitionnistes étant de perdre des compétences dans des technologies intéressant leur avenir. C'est un argument mis en avant par les partisans des OGM qui agitent le spectre d'un retard technologique de l'Europe dans ce domaine. Ce risque est d'autant plus grand que le jeu des brevets peut verrouiller des pans entiers de la recherche.
Bioéthique et nature
La bioéthique pose également la question de la relation de l'homme avec la nature, et de la maîtrise croissante de l'homme sur son environnement. Il faut dire d'emblée que l'appropriation même du concept de nature est déjà un phénomène des plus révélateurs du dogmatisme que soulève les questions qui préoccupent la bioéthique. En effet, chaque secte s'abroge le droit de dicter ce qui est Bien et de dénoncer ce qui est Mal, parce qu'elle se croit l'unique détentrice du véritable sens de la nature. Ce que dévoile cette prétention, c'est que la notion de nature sert à regrouper l'ensemble des préceptes moraux sous cette appellation dont les sectes recourent - à leur insu ou consciemment - pour imposer leur croyances comme des vérités. Celui qui veut aborder les problèmes de la bioéthique avec rigueur doit tenir compte de cet particularité de la langue, sans quoi il colportera ses propres préjugés dans un domaine qui tente justement d'en sortir pour mieux éclairer la pratique sur le vivant.
Voici d'autres remarques sur la même thématique
Des ouvrages tels que la Bible ou le Coran ne fixent pas de limites morales quant au comportement que l'homme devrait adopter face aux autres espèces.
- Gn 2:15- Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder.
Aujourd'hui, l'homme aurait acquis le pouvoir technique de créer du nouveau dans la nature et dans l'espèce humaine. Ce pouvoir direct des individus sur le génome, pour satisfaire leurs intérêts, est un mécanisme entèrement nouveau dans l'évolution de la vie telle que nous la connaissons (Théories de l'évolution).La question se pose des bénéfices et des risques impliqués.
Il est difficile de définir les règles morales reliant l'homme et les autres espèces vivantes. Certaines personnes perçoivent la vivisection comme moralement inacceptable. Mais d'autres activités (xénogreffes) sont encore peu évoquées.
De nombreuses personnes, redoutent une appropriation de la nature par l'homme et réclament la (re)définition des règles morales actuelles.
La vision la plus traditionnaliste demeure assez anthropocentriste et pose comme exigence la minimisation de l'impact de l'homme sur son environnement, de façon à pouvoir le conserver intact et propre à la vie humaine. Cette vue est celle couramment suivie en France.
Une vision différente cherche à replacer l'homme au sein de la biosphère. Elle repose sur le concept d'écologie profonde et soutient que l'homme n'a pas plus de droits que les autres espèces vivantes et doit respecter la nature, fut-ce à ses dépens. Il est à noter cependant, que les activités du vivant contribuent à modifier son environnement, comme l'ont fait par exemple, les premières plantes qui ont colonisé la planète, en modifiant la composition de l'atmosphère terrestre par leurs rejets d'oxygène et de dioxyde de carbone.
La science en elle-même n'a pas pour tâche de définir les valeurs humaines. Elle doit donc être confrontée aux autres sciences, et l'homme doit aborder la question du sens et des conséquences des progrès scientifiques. La bioéthique est la recherche des réponses à ces questions ; en cherchant à définir les frontières du possible et du légitime, elle demeure dans la tradition des réflexions éthiques de notre passé.
Voir aussi
- Hans Jonas
- James Lovelock
- Biotechnologies
- OGM
- Médecine prédictive
- Relation médecin-patient
- Séquençage du génôme humain
Liens externes
- (fr) Le secrétariat d'État à la Santé et à l'Action sociale
- (fr) Le dossier « Lois de bioéthique » de l'Assemblée nationale
- (fr) Le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé
- (fr) L'Académie de médecine
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