Barde (poète celte)

 
 

Le barde se retrouve dans tout le domaine celtique : bardos en gaulois, bard en irlandais, bardd en Gallois, barz ou barth en Bretagne et en Cornouaille. Dans la civilisation celtique de l'Antiquité, c'était un poète et chanteur qui tenait une place prépondérante dans la société en perpétuant la tradition orale. Il appartenait à la classe sacerdotale, de même que les druides (article détaillé).

Sommaire

La société celtique

Les sources grecques et romaines, complétées et enrichies par les récits mythologiques irlandais du moyen âge, nous ont révélé la structure de la société celtique. Conformément au schéma de l'idéologie tripartite des Indo-européens, telle qu’elle a été développée par Georges Dumézil, celle-ci se compose de trois classes aux fonctions bien définies :

La classe sacerdotale

Le rôle du barde

Appartenant à la classe sacerdotale, le barde est un druide (de « dru-wid-es » qui signifie « très savants ») qui, dans la hiérarchie, vient en second rang derrière les « théologiens ». Ses fonctions sont donc obligatoirement religieuses pour des domaines qui de nos jours relèvent du profane. Ses spécialisations principales sont : l’histoire et généalogie (lignage des souverains et des familles nobles), la poésie (mythologie et épopées), la louange, la satire et le blâme (gouvernement de la société). La musique et le chant étant les arts de leur fonction.

Le barde a survécu jusqu’au moyen âge, mais son rôle s’est considérablement altéré pour n’être plus que celui d’un poète cours, d’un conteur, sans connotation religieuse et sacrée.

Le « file » en Irlande

En Irlande le file (pluriel filid) est le druide qui a pris le plus d'importance. Le sens du mot est voyant, il est synonyme de « poète » avec le sens sacré inhérent à son rôle et aux pratiques magiques et divinatoires.

D'après les textes de la littérature médiévale, consacrés à l’Antiquité celtique, le file assume les fonctions de voyant, de devin, de magicien, d'historien, de satiriste et de juge. Hiérarchiquement, il est plus élevé que le barde et ses pouvoirs sont plus étendus. De plus il maîtrise l'écriture oghamique. Cette catégorie druidique était ouverte aux femmes, puisque l'on rencontre des bàn-file (femme-poète) et des bàn-fhàid (femme-prophète). Le file pratique notamment le glam dicinn, une malédiction qui provoque l'éruption de trois furoncles sur le visage de la victime, puis la mort.

Hiérarchie des filid

(par ordre décroissant)

  1. Ollam (Ollamh en Irlandais contemporain) est le rang le plus élevé, ce file est qualifié pour répondre à toute question, il doit connaître plus de trois cent cinquante récits. Le nom a le sens de « docteur », c'est-à-dire d'érudit.
  2. Anrad, le sens du nom est poète de second rang et aussi de champion.
  3. Cli signifie pilier mais aussi pommier dont le fruit est le symbole de la connaissance.
  4. Cana aurait le sens de « chanteur ».
  5. Dos est un poète en troisième année d'étude, le nom signifierait « buisson ».
  6. Mac fuirmid est un poète en deuxième année d'étude, signifie « effort ».
  7. Fochlocon, ce file subalterne doit savoir parfaitement trente récits.
  8. Taman signifie « tronc d’arbre », c'est un file qui commence son apprentissage.
  9. Oblaire premier grade de la hiérarchie, le nom est en relation avec la pomme et du savoir qu’il n'a pas encore.

Références bibliographiques

See also: Barde (poète celte), Antiquité, Bretagne, Christian-Jacques Guyonvarc'h, Cornouaille, Druides, Françoise Le Roux, Gallisenae, Gallois, Gaulois