Assignat


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Louis XVI coiffé du bonnet phrygien

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Révolution française

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L'assignat était une monnaie sous la Révolution française.

Sommaire

Histoire

La confiscation des biens du clergé

Quelques mois après la Révolution, les finances de l'État sont catastrophiques. Si rien n'est fait, la France sera en faillite. Pour régler ce problème, le député Talleyrand à l'idée de confisquer les biens du clergé. C'est ainsi que le 2 novembre 1789, l'Assemblée nationale constituante décide que tous les biens du clergé seront « mis à disposition de la nation ». Ces biens seront dorénavant des biens nationaux, destinés à être mis aux enchères pour remplir les caisses de l'État.

Cet apport de patrimoine, évalué à environ 3 milliards de livres est une grande réserve, qui fera du bien aux finances publiques. La mise en vente est confiée à la Caisse extraordinaire, créée le 19 décembre.

Le problème est que la vente de tant de biens prend du temps, au grand minimum un an. C'est un délai beaucoup trop long, les caisses de l'État sont vides aujourd'hui et la faillite arrivera bien avant que tout ne soit vendu.

C'est ainsi qu'est décidé de créer, le jour même de la création de la Caisse extraordinaire, des billets dont la valeur est assignée, sur les biens du clergé. L'assignat est né.

Les débuts de l'assignat

Le fonctionnement de l'assignat est simple, comme il est impossible de vendre tout de suite les biens du clergé, des billets seront émis, qui représenteront la valeur de ces biens. Toute personne qui désir acheter des biens nationaux doit le faire avec des assignats, il faut donc avant tout que les particuliers achètent des assignats auprès de l'État, c'est ainsi que la rentré d'argent se fait. Une fois la vente effectuée, de retour dans les mains de l'État, les assignats doivent être détruit. Ainsi, la rentrée d'argent frais est bien plus rapide que s'il fallait attendre que les biens soient véritablement vendu.

Les premiers billets émis ont une valeur de 1 000 livres. Une si importante valeur ne les destinent pas à être en circulation au sein de la population, leur but est uniquement de faire rentrer tout de suite de l'argent dans les caisses de l'État. La valeur totale de la première émission sera de 400 millions de livres.

Bien que l'idée soit simple et tout à fait réalisable, elle est loin de faire l'unanimité au sein de l'Assemblée nationale constituante. C'est ainsi que des députés comme Talleyrand, Condorcet ou encore Du Pont de Nemours sont entièrement contre. Pour eux, la grande faiblesse des assignats est qu'il ne faut pas qu'il y est plus d'assignats en circulation que la valeur des biens nationaux. Hors, à cette époque, les billets sont facilement falsifiable. Il y a donc un fort risque de retrouver en circulation une quantité bien plus importante d'assignats que ce qu'il doit véritablement y avoir. Et si c'est le cas, les assignats ne vaudront plus rien.

Dès le début de 1790, les premiers ratés surviennent. Le 30 mars, Anne-Pierre de Montesquiou-Fezensac déclare au sujet des assignats que c'est « le plus coûteux et désastreux des emprunts ».

La dépréciation de l'assignat

Le 17 avril, l'assignat est transformé en un papier-monnaie. Et l'État, toujours à court de liquidité, l'utilise pour toute ses dépenses courantes. La machine s'emballe... L'État ne détruit pas les assignat qu'il récupère, pire, il imprime plus d'assignats que la valeur réelle des biens nationaux. Jacques Necker, alors ministre des Finances, résolument contre la transformation de l'assignat en papier-monnaie, donne sa démission en septembre.

Et ce qui devait arriver, arrive. L'assignat perd de plus en plus de sa valeur, c'est ainsi qu'en 3 ans, de 1790 à 1793, l'assignat perd 60% de sa valeur.

Bien que l'assignat voit sa valeur réduite, les enchères des biens nationaux restent tout de même très élevés et seul la classe aisée peut les acheter. C'est ainsi que certains s'enrichissent énormément et achètent d'immenses terrains et bâtiments pour presque rien.

Pour soutenir l'assignat, plusieurs lois sont votés, comme la fermeture de la Bourse et la fin de la publication des taux de change en 1793, de manière à limiter la spéculation. Avec le début de la Terreur la même année, la non acceptation de l'assignat est même passible de la peine de mort.

Malgrès tout cela, les pouvoirs politiques ne se préoccupe pas de la crise économique qui arrive et l'État continue d'émettre de plus en plus d'assignat. C'est ainsi qu'en 1796, près de 45 milliards de livres d'assignats sont en circulation. Alors qu'elle n'aurait jamais dû dépasser les 3 milliards, valeur des biens du clergé.

L'Angleterre, alors le plus grand ennemie de la France, c'est même mis à produire des assignats pour accélérer la crise économique française.

La mort de l'assignat

Sur décision du Directoire, l'assignat est finalement abandonné avec faste, lorsque les planches à billets, les poinçons, les matrices et les plaques sont brûlés en public place Vendôme, le 19 février 1796.

Le 18 mars, l'assignat est retiré de la circulation contre un nouveau billet, le mandat territorial. L'échange se fait sur la base de 30 francs assignat contre 1 franc mandat. Le mandat territorial connu plus ou moins la même histoire que l'assignat, sa dépréciation se fit bien plus rapidement que pour son prédécesseur. Le 4 février 1797, il fut retiré de la circulation et la monnaie sonnante et trébuchante repris sa place.

Bien qu'à première vue l'assignat soit considéré comme un pur échec, sa création a très certainement empêchée la faillite quasi immédiate de l'État français. Et les conséquence sur la Révolution française auraient été très certainement très importantes.

Liens externes


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See also: Assignat, 1789, 1790, 1793, 1796, 1797, 17 avril