Arrangement
En mathématiques, lorsque nous choisissons k objets parmi n objets discernables et que l’ordre dans lequel les objets sont sélectionnés revêt une importance, nous pouvons les représenter par un k-uplet d'éléments distincts. Par exemple, quand à un examen, cinquante candidats tirent les uns après les autres un sujet dans une urne contenant des questions toutes différentes, il est possible de représenter les tirages par des 50-uplets de questions.
Définition :
Soient E un ensemble fini de cardinal n et k un entier naturel. Un k-arrangement sans répétition de E est une application injective de {1, 2, ..., k} dans E.
Autre définition :
Soient E un ensemble fini de cardinal n et k un entier naturel. Un k-arrangement de E (ou k-arrangement sans répétition de E, ou encore arrangement sans répétition de n éléments pris k à k) est un k-uplet (a1, a2, ..., ak) d'éléments de E tel que pour i≠j, ai≠aj. Un tel k-uplet est aussi appelé k-liste distincte d'éléments de E.
Théorème :
Soient E et F deux ensembles finis de cardinaux respectifs n et k. L’ensemble
des applications injectives de F dans E est fini et son cardinal est égal à n(n-1)... (n-k+1) si k⩽n et 0 sinon. Ce cardinal se note
et se lit « Ank ».
Démonstration :
- Si k > n, alors il n'existe aucune injection de F dans E et donc
.
- Si k ⩽ n, alors démontrons l'égalité par récurrence sur l'entier k.
- Si k = 1 alors F est un singleton et toute application de F dans E est injective donc
.
- Supposons l'égalité vérifiée pour tout ensemble F de cardinal k - 1 (2⩽k⩽ n) et démontrons la au rang k :
Soit F un ensemble de cardinal k, et x un élément de F. Posons G=F\{x}. Nous avons card(G)=k-1.
Considérons la relation qui relie deux injections de F dans E quand elles ont même restriction à G. Les classes d'équivalence partitionnent
en classes ayant toutes comme cardinal n-(k-1). En effet, il y a autant de façons de prolonger une injection de G dans E en une injection de F dans E que de choix de l'image de x parmi les n-k+1 images possibles. De plus le nombre de classes d'équivalence est égal au nombre de restrictions différentes d'applications de
à G; il y en a donc
(la restriction d'une injection à une partie étant injective). D'après le lemme des bergers:
.
- Si k = 1 alors F est un singleton et toute application de F dans E est injective donc
- Si k=0, nous poserons par convention pour tout entier naturel n
, puisqu'il existe une seule application qui va de l'ensemble vide ∅ dans un ensemble quelconque E qui de plus est injective !
Démonstration (élémentaire):
Si 1 ⩽ k ⩽ n alors supposons que F={x1, x2, ..., xk}. Pour construire une application injective de F dans E, nous devons
- choisir l'image de x1 et il y a n images possibles,
- choisir l'image de x2 et il reste n-1 images possibles,
- ...
- choisir l'image de xk, il reste dans l'ensemble F n-(k-1) éléments non atteints donc n-(k-1) images possibles.
Au total, nous avons construit n.(n-1).....(n - k + 1) applications injectives différentes.
Corrolaire :
est aussi le nombre de k-arrangements sans répétition d'un ensemble E de cardinal n et nous avons
Démonstration :
Supposons F={x1, x2, ..., xk}. Une injection f de F dans E s'identifie au k-uplet d'éléments distincts (f(x1), f(x2), ..., f(xk)). Il y a donc une bijection entre l'ensemble des applications injectives de F dans E et l'ensemble des k-uplets d'éléments distincts de E.
Remarque :
Construire un arrangement revient à placer les uns après les autres, k objets discernables pris parmi n, dans k cases numérotées et donc une permutation de n éléments est un n-arrangement de n éléments. La notion d'arrangement généralise donc celle de permutation.
Voyez aussi
- combinatoire
- arrangement avec répétition
- combinaison
- combinaison avec répétition
- Permutation
- Permutation avec répétition
