Hydrocarbure aromatique

On reconnaît un hydrocarbure aromatique, encore appelé composé aromatique ou aromatique, à la présence dans la molécule d'au moins un cycle d'atomes de carbone du type du benzène (cycle hexagonal avec trois double liaisons alternées avec trois liaisons simples). Les électrons sont libres de se déplacer autour des arrangements circulaires des atomes, lesquels sont alternativement seuls ou en liaison covalente l'un à l'autre. Ces liaisons peuvent être vues comme un hybride de la forme simple ou double, si bien que par cette hybridation les six liaisons sont identiques.

Ce modèle a été développé par Friedrich August Kekulé von Stradonitz pour le benzène et consiste en deux formes en résonance, lesquelles correspondent aux liaisons double et simple changeant de positions. Une autre représentation est celle de la liaison pi au-dessus ou sous l'anneau. Ce modèle représente plus correctement la position de la densité d'électron dans l'anneau aromatique.

Si le cycle contient un atome autre que du carbone, on parle d'hétérocycle. Une molécule qui n'est pas aromatique est dite aliphatique ou paraffinique ou linéaire.

Ces hydrocarbures, tout au moins ceux qui n'ont pas trop d'atomes de carbone (moins de 10) ont pour propriété un haut indice d'octane.

Comme insaturés (double liaisons) et ils se prêtent donc facilement à des transformations diverses (par réactions chimiques interposées) donnant naissance à des produits nouveaux, surtout dans le domaine des matières plastiques.

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Benzène [C6H6] Toluène [C6H5-CH3] Naphtalène [C10H8]
Sommaire

Définition théorique

Un hydrocarbure est dit aromatique quand il correspond aux conditions suivantes :

  1. présence d'un composé cyclique avec des liaisons pi conjuguées ;
  2. chaque atome du cycle comporte une orbitale p ;
  3. orbitales p se recouvrent ; la molécule est plane au niveau de ce composé cyclique ;
  4. la délocalisation des électrons pi entraîne une diminution de l'énergie.

Si les trois premiers critères sont satisfaits, mais que la délocalisation entraîne une augmentation de l'énergie, l'hydrocarbure est dit antiaromatique.

En pratique, le 4ème critère est traduit par la règle de Hückel : la délocalisation entrainera une diminution de l'énergie de la molécule (et donc, une stabilisation de cette dernière) si le nombre d'électrons PI est égal à 4n+2 , où n est un entier positif ou nul. À l'inverse, les composés antiaromatiques (lorsque la délocalisation des électrons entraine une augmentation de l'énergie, et donc un perte de stabilité) possèdent 4n électrons PI. Cette règle est valable pour les composés relativement simples, possédant au plus quelques cycles, au-delà, il faudra avoir recours à d'autres méthodes, semi-empiriques ou faisant appel à la mécanique quantique.

En présence d'un composé cyclique avec des liaisons pi conjuguées dont la délocalisation des électrons pi entraîne une énergie similaire, on est en présence d'un hydrocarbure non-aromatique, soit aliphatique.

Le plus simple des hydrocarbures aromatiques est le benzène [C6H6]. Avec deux cycles, on a le naphtalène [C10H8] (2 cycles accolés) et le biphényle [C12H10] (2 cycles liés par liaison simple). Dans les alkylbenzènes, on aura le toluène [C6H5-CH3].

Familles d'aromatiques

Hydrocarbures aromatiques polycycliques

Quelques arènes importants sont appelés HAP, hydrocarbure aromatique polycyclique (PAH en anglais). Ils sont composés de 4 à 7 cycles. Un HAP connu est le benzopyrène, il est très cancérigène. Ils forment une vaste famille de composés aux propriétés similaires.

Les HAPs existent à l'état naturel dans le pétrole brut : les hydrocarbures pétrogéniques. Ils se caractérisent par une forte proportion d'hydrocarbures aromatiques ramifiés, c'est-à-dire, substitués par des groupements alkyles. La pyrolyse et la combustion incomplète de matières organiques ; comme l’incinération des déchets, la combustion du bois, du charbon, le fonctionnement des moteurs à essence ou des moteurs diesels produit aussi des HAPs : les hydrocarbures pyrogéniques. La combustion de cigarettes produit des HAPs et contribue à la présence d'HAPs dans le milieu intérieur. Ces HAPs, liés à l'activité humaine, sont peu ramifiés et se sont surtout eux qui sont présent dans notre environnement, généralement sous forme de mélanges plus ou moins complexes.

La présence de HAPs dans l'environnement est préoccupant, essentiellement à cause de leurs propriétés cancérigènes. C'est le cas tout particulièrement le cas du benzopyrène, du benzoanthracène, du benzofluoranthène, de l'indéno pyrène et du benzopérylène.

Les plupart des HAPs sont assez résistants à la biodégradation. Cette dégradation se fait dans les couches superficielles du sol, grâce notamment à l'action de certaines bactéries. La majorité des HAPs présents dans les eaux de surface ont une origine atmosphérique et, pour la plupart, sont adsorbés sur les sédiments.

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques pourraient être présent dans les poussières interstellaires. Ces molécules sont très résistantes aux conditions hostiles existants dans le milieu interstellaire et présentent des spectres en accord avec les raies observées dans les poussières interstellaires, notamment aux longueurs d'onde de 6,2, 7,7, 8,3, 11,3 et 12,8 µms. Formées d'une vingtaine à quelques centaines d'atomes, ces molécules nettement plus grandes que les autres molécules détectées dans le milieu interstellaire.

En 1994, Moreels, proposa la présence de phénanthrène dans la comète de Halley pour expliquer la raie à 3,28 µm, raie aussi observée dans plusieurs autres comètes (Bockelée-Morvan et al., 1995). ]]

Voir aussi

See also: Hydrocarbure aromatique, Aliphatique, Amine aromatique, Anthracène, Atome, Bactérie, Benzène, Cancérigène, Carbone, Chlorine