Arnold van Gennep


Ses travaux sur le concept de rite de passage et sa théorie des 3 phases (préliminaire, liminaire, postliminaire) furent poursuivis et approfondis par Victor Turner


Dans un premier temps, Van Gennep consacra ses études à des cultures extra-européennes.


À compter de 1924, année où il publie Le folklore, Van Gennep se consacrera à l’établissement du folklore comme discipline scientifique et fera l’étude des cultures populaires françaises.


Opposé à l’évolutionnisme de folkloristes comme Sébillot et Saintyves qui se livraient à la collecte d’archaïsmes et de survivances, Van Gennep développe une méthode dite biologique, dans le but d’aborder les faits de culture populaire dans leur dynamisme et de faire l’étude de ce qu’il désigne comme les conditions psychiques des coutumes. La méthode développée par Van Gennep procède par enquête et observation directe des faits de folklore vivants, c’est-à-dire des coutumes toujours exécutées sur le terrain d’enquête et observables par le folkloriste.


Pour rendre compte de la transformation dans le temps des faits de folklore, Van Gennep développe la notion de chaîne traditionnelle et s’attache à l’étude des phénomènes de diffusion. Reprenant la méthode historico-géographique, dite aussi méthode finnoise, Van Gennep travaillera, en France, à l’établissement de cartes, dans le but de circonscrire des zones folkloriques et d’étudier les différents facteurs intervenant dans les processus de diffusion.


Reconnu pour avoir assigné au folklore un objet d’étude et pour avoir doté la discipline d’un ensemble d’outils d’enquête (principalement des questionnaires) et de méthodes d’analyse, Van Gennep fut aussi un intellectuel controversé, entretenant des rapports tendus avec certains de ses contemporains dont il a souvent critiqué les écrits (notamment Durkheim et Mauss). Il mena l’essentiel de ses travaux en marge de l’institution et fut renvoyé du seul poste universitaire qu’il occupa très brièvement dans sa carrière (1912-1915, chaire d’ethnographie de l’Université de Neuchâtel), après avoir publiquement remis en question la neutralité de la Suisse vis-à-vis de l’Allemagne. Van Gennep a publié un nombre impressionnant d'articles et de monographies ayant trait au folklore.

See also: Arnold van Gennep, 1873, 1904, 1906, 1909, 1911, 1924, 1937, 1957, 1958