Apocalypse
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Signification
L'Apocalypse doit son nom à un terme grec (Apocalupsis) signifiant révélation, comme l'on révéle un monument pour une inauguration. Le livre commence par les mots « Révélation de Jésus-Christ » (Ap I.1), c'est en ce sens que le texte présentera la personne de Jésus-Christ à son retour sur terre et les événements l'entourent.
Apocryphes
Si l'Apocalypse de saint Jean est le seul apocalypse reconnu par les textes canoniques, l'apocalypse est un genre littéraire particulièrement développé dans les apocryphes : Apocalyse de Pierre, Apocalyse de Baruch, Apocalypse d'Abraham, Apocalypse de Daniel, Apocalypse d'Élie, Apocalypse de Moïse, Apocalypse de Sophonie, Apocalyse de Jacques, Apocalyse de Paul, Apocalyse d'Étienne et même Apocalypse apocryphe de Jean" apocalypse de pierre ". L'intégration du texte de Jean au canon biblique n'a pas toujours été admise. Le nombre important des apocalypses obligea les exégètes à examiner ces textes pour finalement conclure que l'Apocalypse de Jean se distinguait par sa vision moins pessimiste que les autres. En effet, Jean oriente ses écrits vers l'espoir du retour du Christ.
Date de rédaction
Il existe plusieurs hypothèses à ce sujet :
- Ecrite durant le règne de Néron Sur la déclaration de Papias (70-155), certains commentateurs comme Wetscoot, Lightfoot ou Salmon, ont pensé que Néron ou son successeur Vespasien était responsable de l'emprisonnement de Jean dans l'ile de Patmos. Dans cette hypothèse, l'Apocalypse aurait été rédigée avant la chute de Jérusalem en l'an 70. Période que proposent également Clément d'Alexandrie, Origène et Jéronme.
- D'autres, tel Denys d'Alexandrie (IIIe siècle), ne pensaient pas que Jean (l'apôtre) fut encore en vie à cette période. À sa suite, Eusèbe (270-340) et d'autres théologiens attribuent ce livre à Jean l'Ancien, qui aurait été évéque d'Éphèse à la fin du Ier siècle.
- Mais la plupart des exégètes du monde antique (Tertullien, Hippolyte et Victorius) et de notre époque attribuent ce livre à l'apôtre Jean. Ainsi, Irénée et Justin Martyr affirment qu'il est revenu à Éphèse après sa détention à Patmos et qu'il y a vécu jusqu'à la fin du règne de Trajan, soit l'an 98. Il est probable que le texte fût écrit en l'an 95, époque où l'empereur Domitien lanca de nombreuses persécutions contre les chrétiens. Jean aurait été exilé à Patmos par mesure d'intimidation et aurait écrit ce livre sans aide. En comparaison aux autres écrits de Jean (L'Evangile selon Jean et les Epitres de Jean) où il aurait été aidé, la pauvreté du style de l'Apocalypse confirme cette version. En 397, le concile de Laodicée admit vette hypothèse comme étant la plus vraisamblabe.
Pour information, le dix-neuvième centenaire de la rédaction de l'Apocalypse a été solennellement fêté en 1995, par les moines orthodoxes de Patmos.
L'apôtre Jean
Le style d'écriture reste tout de même proche entre le livre de l'Apocalypse et l'évangile de Jean. C'est en particulier le cas du mot semaino (faire connaître, donner un signe) (Ap I.1) que l'on retrouve huit fois dans son évangile (Jn II.11, IV.54, V.36, VI.14, VI.19-21, IX.16, XI.47 et XXI.2).
Controverse
L'Apocalypse est certainement le livre le plus controversé des écritures, ceci est dû à la diversité des interprétations et aux oppositions qu'elles soulignent.
Interprétations
Le langage hautement symbolique de ce livre à ouvert la voie à des très nombreuses interprétations, cependant on y retrouve en général quatre grands courants. De plus, il existe trois conceptions du millénium.
Interprétations générales
Elles diffèrent suivant les mouvements chrétiens et les époques.
- La thèse idéaliste voit l'Apocalypse comme un combat entre les forces du bien et celles du mal. Tout est affaire de symbole. Parmi les adeptes de cette interprétation, on peut noter Clément d'Alexendrie et Origène (IIIe siècle).
- La thèse prétériste (praeter : avant) considère l'Apocalypse comme un livre d'histoire y retrouvant des événements comparables à ceux survenus durant le règne de Constantin Ier (IVe siècle). Cette version a peu de défenseurs et n'a plus de justification aujourd'hui.
- La thèse présentiste ou historique fait le rapprochement de l'actualité et des événements décrits dans le texte. On note de nombreux grands personnages soutenant cette vision, comme Wycliffe, Luther, Joseph Mede ou encore Isaac Newton. Le danger de cette thèse est d'identifier facilement des hommes politiques ou des personnes d'influence aux personnages du texte, ce qui a plusieurs fois causé du tort à l'Apocalypse.
- La thèse futuriste voit dans ce livre une peinture des événements à venir, une prophétie. Cette vision apporte un aspect déroutant aux événements présents.
Divers commentateurs chrétiens modernes considèrent que les thèses historique et futuriste sont toutes les deux valables. La supposition de départ est que, étant donné que l'Apocalypse traite de la fin des temps, elle ne peut pas être limitée à un regard actuel sur les événements entourant Jean à la fin du 1er siècle. En même temps, il serait exagéré de penser que Jean aurait écrit ce texte uniquement à destination de lecteurs du futur, fût-ce plusieurs siècles dans l'avenir, sans qu'il n'ait d'intérêt pour ses contemporains. Cette approche suppose donc que l'Apocalypse comportait un message à destination de ses contemporains, mais en même temps revêt un caractère prophétique concernant les "temps de la fin".
Le millénium est le terme employé pour désigner le règne de mille ans de Jésus-Christ sur Terre. Ce millénium est décrit dans le chapitre 20 de l'Apocalypse.
Malgré le fait que les interprétations citées plus haut intègrent une position par rapport au millénium, il est tout a fait possible de soutenir une thèse sans pour autant accepter son point de vue sur ce fameux règne.
- Les postmillénaristes (du préfixe post : après) pensent que le retour de Jésus-Christ se fera après les mille ans du règne. Cette période sera prospère et bénie puisque Satan aura été enchaîné et le mal aura été enrayé. Cette conception a peu de partisans.
- Les amillénaristes (du préfixe privatif a) refusent la pensée d'un règne de Jésus-Christ sur Terre. Ils préfèrent confondre le millénium avec le règne éternel (Chp 21 et 22) et appliquer les prophéties concernant le rétablissement d'Israël à l'Église.
- Les prémillénaristes (du préfix pré : avant) concoivent le retour de Jésus-Christ en deux étapes séparées par le règne de l'Antéchrist. Dans un premier temps, L'Eglise sera enlevée, puis suivra un nouveau retour pour effectuer le millénium. Cette position semble être la plus reconnue par les croyants puisqu'elle permet une meilleure compréhension de nombreux textes bibliques qui restent flous sans cette vision du millénium.
Malgré les divergences d'interprétations et la complexité du sujet, il est tout a fait conseillé de faire la lecture de ce soixante-sixième livre de la Bible :
- « Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites ! Car le temps est proche. » (Ap I.3).
Bibliographie
- John H.Alexender, L'APOCALYPSE verset par verset, La Maison de la Bible, Genève-Paris, 9ème édition 2001.
- En France, le Père Marie-Dominique Philippe op, donne une présentation et une interprétation remarquables de l'Apocalypse de Saint-Jean. À consulter dans des ouvrages ou revues spécialisées.
