Antoine-Jean Gros

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Histoire de l'art

Antoine-Jean Gros (Paris, 1771 - 25 juin 1835) etait un peintre français rattaché au courant néoclassique.

Son père, qui peignait des miniatures, a commencé à lui enseigner à dessiner à l’âge de six ans, et s’est montré dès le début comme un maître exigeant. Vers la fin de 1785, Gros, de son propre gré, entre à l’atelier de David, qu’il fréquentait assidûment tout en continuant de suivre les classes du Collège Mazarin.

La mort de son père, dont les circonstances ont été gênées par la Révolution, ont obligé Gros, en 1791, à se fier à ses propres ressources. Il se dévouait maintenant entièrement à sa profession et a participé en 1792 au grand prix, mais sans succès. C’est environ à ce moment, toutefois, que, sur recommandation de l’École des Beaux-Arts, on lui demande d’exécuter les portraits des membres de la Convention. Lorsqu’il est perturbé par le développement de la Révolution, en 1793, Gros quitte la France pour l’Italie, il vit, à Gênes, de sa production massive de miniatures et de portraits. Il a visité Florence mais, en retournant à Gênes, il rencontre Joséphine, et la suit à Milan, où il a été bien reçu par son mari.

Le 15 novembre 1796, Gros était présent avec l’armée près d’Arcole, où Bonaparte a planté le tricolore sur le pont. Gros a saisi cet incident et, par le traitement qu’il en a fait, a trouvé sa vocation. C’est tout au moins ce que dit la légende, préparée par Bonaparte qui maitrisait déja la propagande et travaillait à sa gloire. En fait le tableau fut commandé a Milan et les historiens mettent parfois en doute l’incident meme. Bonaparte, satisfait du travail, lui donna sur le champ le poste d’inspecteur aux revues, ce qui lui permettait de suivre l’armée, et, en 1797, le nomma sur la commission chargée de choisir le butin qui devrait enrichir le Louvre sur la recommandation de Joséphine.

En 1799, s’étant échappé de Gênes assiégée, Gros s’est rendu à Paris et, au début de 1801, a installé ses quartiers aux Capucins. Son esquisse (Musée de Nantes) de la Bataille de Nazareth a gagné le prix offert en 1802 par les consuls, mais ne lui a pas été remis en raison, à ce qu’on dit, de la jalousie de Junot éprouvée par Napoléon. Toutefois, il indemnisa Gros en lui commandant de peindre sa propre visite à la maison de la peste de Jaffa. Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa (Louvre) a été suivi par la Bataille d'Aboukir, 1806 (Versailles), et la Bataille d'Eylau, 1808 (Louvre). Ces trois sujets — le chef populaire inébranlé devant la pestillence, défiant le splendide instant de victoire, atteint au cœur par le coût amer d’un champ durement gagné — ont mené Gros à la gloire. Ces œuvres sont considérées comme le sommet du réalisme épique qui contribue à construire la légende de Napoléon.

Aussi longtemps que l’élément militaire est demeuré rattaché à la vie nationale française, Gros en a reçu une inspiration fraîche et énergique qui l’a menée au cœur même des événements qu’il peignait; mais comme l’armée, et son général séparé du peuple, Gros, appelé à illustrer des épisodes uniquement représentatifs de l’accomplissement d’une ambition personnelle, cessé de trouver la nourriture nécessaire à son génie, et l’insuffisance de sa position artistique devenait évidente. Ayant appris son art suivant les principes néoclassiques, il était enchaîné par leurs régles, même quand son traitement naturalistique des types et son intérêt pour l’effet picturesque dans les couleurs et les tons semblaient leur être à contre-courant.

Les élèves de Gros étaient nombreux, et leur nombre avait augmenté considérablement, en 1815, quand David avait quitté Paris et lui avait laissé ses classes. Gros a été décoré et nommé baron de l’Empire par Napoléon, après le Salon de 1808, au cours duquel il avait présenté la Bataille d’Eylau. Sous la Restauration, il est devenu membre de l’Institut, professeur à l’École des Beaux-Arts et a été nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel.

En 1810, ses Madrid et Napoléon aux pyramides (Versailles) montrent que sa bonne étoile l’a abandonné. Son François Ier de France et Charles Quint, 1812 (Louvre), a eu un succès considérable; mais la décoration du dôme de Sainte-Geneviève (commencée en 1811 et terminée en 1824) est la seule œuvre des dernières années de Gros qui démontre sa force et sa vigueur des débuts, de même que son talent. Le Départ de Louis XVIII aux Tuileries, 1817 (Versailles), l’Embarquement de la duchesse d’Angoulême, 1819 (Bordeaux), le plagond de la salle égyptienne du Louvre et, finalement, son Hercule et Diomède, présenté en 1835, démontrent uniquement que les efforts de Gros — en accord avec les consultations fréquentes de son ancien maître David alors éxilé a Bruxelles— pour endiguer la vague montante de romantisme n’ont servi qu’à entacher sa réputation naguère brillante.

Le changement de régime, après 1815, est un tournant difficile à négocier qui voit de plus la montée des romantiques. En 1835, en décalage avec les normes du temps, il envoie au Salon un Hercule écrasant Diomède, reçu sous les quolibets des critiques. Exaspéré par les critiques et la conscience de son échec, Gros cherchait un refuge dans les plaisirs plus grivois de la vie.

L’abandon de ses élèves ajouté à des difficultés personnelles le poussent au suicide (paradoxe du geste romantique d’un saut dans la Seine pour cet esprit qui aura tenté de défendre jusqu’au bout l’Ecole de son maître David). Le 25 juin 1835, il a été trouvé noyé sur les rives de la Seine près de Sèvres. Par un papier qu’il avait placé dans son chapeau, on sut que « las de la vie, et trahi par les dernières facultés qui la lui rendaient supportable, il avait résolu de s’en défaire ».

Sources

Étienne-Jean Delécluze donne une brève notice de sa vie dans Louis David et son temps, et la Geschichte der modernen französischen Malerei (Histoire de la peinture moderne française) de Julius Meyer contient une excellente critique de ses œuvres.

Peintures

Cet article comprend des extraits de l'Encyclopædia Britannica 1911 (qui fait partie du domaine public), traduits à partir de la version anglaise de Wikipédia.

See also: Antoine-Jean Gros, 15 novembre, 1771, 1792, 1796, 1799, 1810