Antoine Gouan
Antoine Gouan (ou Goüan) est un botaniste français, né à Montpellier le 15 novembre 1733, mort dans la même ville le 1er septembre 1821.
Il est le premier à avoir adopté en France la nomenclature binomiale de Linné, étant également le premier à publier une flore adoptant la méthode et la classification linnéennes.
Gouan commence ses études à Toulouse et revient étudier la médecine à l’université de Montpellier qui n’a plus l’éclat des années passées. Gouan est très influencé par son professeur de médecine François Boissier de La Croix de Sauvages (1706-1767), l’un des plus fervents partisans de la méthode linnéenne en France.
Après son doctorat en 1752, Gouan commence à pratiquer la médecine à l’hôpital de Saint-Éloi de Montpellier, mais il s’en désintéresse bientôt et se tourne vers sa grande passion : l’histoire naturelle.
Il est admis en 1757 à l’Académie de la ville comme adjoint en botanique. Outre quelques travaux en zoologie, il se consacre surtout à la botanique. Par l’intermédiaire de François Boissier de La Croix de Sauvages, il commence à correspondre avec Linné à la fin des années 1750 et lui envoie des insectes.
Il fait paraître, en 1762, le catalogue des plantes du jardin botanique de Montpellier, sous le titre d’Hortus regius monspeliensis. Pour la première fois en France, un ouvrage de botanique suit la nomenclature binomiale mise en place par Linné.
Il fait paraître en 1765, sa Flora Monspeliaca et devient titulaire de l’Académie montpelliéraine. Il obtient alors un emploi au jardin botanique et est chargé des herborisations dans la campagne.
L’année suivante, il remplace François Boissier de La Croix de Sauvages à l’université de médecine. Il va y former de grands noms en histoire naturelle comme Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814), Joseph Dombey (1742-1794), Jean-Guillaume Bruguière (1750-1798), Jacques-Julien Houtou de La Billardière (1755-1834), Guillaume-Antoine Olivier (1756-1814) et Auguste Broussonet (1761-1807).
Il fait paraître en 1770 un ouvrage en ichtyologie, Historia Piscicum, qui augmente le nombre de genre de poisson précédement créé dans le système linnéen. Il crée les genres Lepadogaster, Lepidopus et Trachypterus, toujours valables aujourd'hui.
Gouan fait paraître en 1773 ses Illustrationes et observationes botanicæ comprenant 26 planches. Il remplace Joseph Barthez (1734-1806) au poste de démonstrateur de botanique. La renommée de Gouan grandit et il est en relation avec de nombreux botanistes ou naturaliste tant français qu’étranger.
Auguste Broussonet (1761-1807) lui fait parvenir un pied de Ginkgo biloba que lui a donné Sir Joseph Banks (1743-1820). Gouan le plante au jardin et est encore visible aujourd’hui.
Gouan obtient, en 1794, la direction du jardin royal, rebaptisé Jardin national. Il connaît peu à peu des problèmes de vue ce qui l’oblige à abandonner également peu à peu ses différentes fonctions.
En 1807, lorsque Broussonnet, titulaire de la chaire de botanique à l’école de médecine et ancien élève de Gouan, meurt, Gouan tente de s’opposer à la nomination de Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841).
Il est également célèbre pour sa collection d'algues récoltées aux alentours de Marseille
Principaux ouvrages
- Hortus Regius Monspeliensis, sistens plantas tum indigenas tum exotica (1762).
- Flora Monspeliaca, sistens plantas no. 1850 ad sua genera relatas, et hybrida methodo digestas; adjectis nominibus specificis, trivialibusque, synonymis selectis, habitationibus plurium in agro Monspeliensi nuper detectarum, et earum quae in usus medicos veniunt nominibus pharmaceuticis, virtutibusque probatissimis (1765).
- Illustrationes et Observationes Botanicae, ad specierum historiam facientes seu rariorum plantarum indigenarum, pyrenaicarum, exoticarum adumbrationes, synonymorum… Cum iconibus ex naturae typo et magnitudine naturali ab auctore delineatis (1773).
- Herborisations des environs de Montpellier, ou guide botanique à l'usage des élèves de l'école de santé… (1796).
Orientation bibliographique
- Benoît Dayrat (2003). Les Botanistes et la Flore de France. Trois siècles de découvertes, Publications scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle : 690 p.
