Antibiotique

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Terme issu du Grec anti : contre, et bios : la vie.

Les antibiotiques sont des substances chimiques qui ont une action spécifique avec un pouvoir destructeur sur les micro-organismes. Elles sont dépourvues de toxicité pour les autres cellules. Ces molécules peuvent avoir une action drastique, c’est-à-dire bactéricide ou fongicide, leur efficacité peut être également limitée à empêcher le développement des micro-organismes(bactériostatique ou fongistatique).

Une substance antibiotique est donc un médicament qui a pour effet de tuer des bactéries de façon ciblée. Il se distingue d’un antiseptique qui détruit tout germe et parfois même la cellule, de manière non ciblée. Remarque : un antiseptique est un désinfectant non ingéré.

Le premier antibiotique identifié fut la pénicilline, dès la fin du XIXe siècle, mais l’importance de cette découverte, ses implications et ses utilisations médicales ne furent comprises et élaborées qu’après sa redécouverte, entre les deux grandes guerres. Cet antibiotique a ouvert une voie nouvelle dans la lutte contre de nombreuses maladies qui étaient considérées incurables auparavant.

De nos jours, beaucoup d’antibiotiques sont connus mais leur utilisation croissante tend à entraîner des situations de résistance de certaines bactéries à certains antibiotiques. Le mécanisme le plus probable est sans doute que l’antibiotique utilisé crée une pression de sélection qui favorise les mutations naturelles (même rares) résistantes à l’antibiotique en question. Les spécialistes critiquent dans ce contexte la prescription parfois trop légère de certains antibiotiques. Le phénomène serait aussi amplifié par l’usage de doses trop faibles ou sur une durée trop courte.

Les résistances mènent parfois les épidémiologistes à préconiser un usage raisonné des antibiotiques (un peu à la manière de la gestion internationale concertée par l’OMS des médicaments antipaludéens).

À noter que les antibiotiques sont sans effet sur les virus, toutefois il arrive que ceux-ci soient prescrits dans le cas où l’organisme est affaibli, pour éviter que celui-ci ne devienne vulnérable à des bactéries.

Le choix de l'antibiotique dépend du germe responsable, de la localisation de l’infection et du terrain (insuffisance rénale ou hépatique, notion d’allergie...). Il peut être orienté par l'antibiogramme : le germe responsable est mis en culture dans une boîte de gélose contenant plusieurs pastilles d’antibiotiques qui vont inhiber plus ou moins le développement du microbe.

Certains antibiotiques sont bactéricides, c’est-à-dire, tuent les bactéries. D’autres ne sont que bactériostatiques, c’est-à-dire, empêchent le développement du germe.

Sommaire

Les familles d’antibiotiques

Il existe plus de 10 000 molécules antibiotiques mais seules une centaine sont efficaces et utilisables (1/4 sont des pénicillines). La plupart des antibiotiques sont produits par des procaryote, des champignons, des végétaux supérieurs, des animaux ou des lichens.

Voir l’article spécialisé sur les familles d’antibiotiques

Le mode d’action des antibiotiques

Action sur la paroi bactérienne

Ces antibiotiques agissent sur des cibles extra-cellulaires et ne sont actifs que sur les germes en croissance. Les cellules au repos ne sont pas perturbées par l’action de ces molécules.

Les antibiotiques bloquent la synthèse de la paroi, la cellule s’allonge sans faire de paroi (cloison) et elle explose sous l’effet de la pression osmotique interne. Si on ajoute un stabilisant osmotique, on obtient un protoplaste.

Exemples :

Action sur la membrane des cellules

Action sur l’ADN

Action protéique

Les résistances aux antibiotiques

Résistance naturelle

On peut parler de résistance naturelle si toutes les souches d’une même espèce sont résistantes à un antibiotique. C’est l’expression d’une propriété innée reflétant l’empêchement d’accéder à la cible ou l’absence de la cible.

Résistance acquise

La résistance acquise advient lorsque quelques souches d’une même espèce normalement sensibles deviennent résistantes. Cette résistance peut-être acquise par mutagenèse : c’est une résistance chromosomique.

La mutation est spontanée avec une fréquence d’apparition de 106 à 107. C’est un événement rare. L’antibiotique n’est pas l’agent mutagène, il sert à sélectionner les mutants devenus résistants. Cela peut conduire à la résistance de toute une famille d’antibiotique.

Les mutations sont indépendantes, donc les chances d’avoir des résistances par mutagenèse à plusieurs antibiotiques sont rares. Une double résistance multiplie les probabilités d’apparition de résistance à chaque molécule, c’est-à-dire 1014.

Autres types de résistance

Les bactéries ont la capacité de transférer de l’information génétique. La plupart de ces cas de résistances se rencontrent à l’hôpital. C’est une information génétique exogène qui est récupérée par la bactérie.

Le premier cas de résistance fut observé en 1951 sur un patient japonais. Il a une infection à shigelle (une entérobactérie, c’est-à-dire un bacille gram-, immobile). La shigelle provoque une dysentérie qui pouvait être soignée par des sulfamidés, mais elle était devenu résistante à ces sulfamidés. Les chercheurs ont démontré que cette résistance était accompagnée par des résistances in vitro à d’autres antibactériens.

Ils ont isolé dans le tube digestif d’autres malades des souches d’Escherichia coli. (une autre entérobactérie, très répandue dans l’eau, le sol, le lait et les selles) qui avaient acquis une résistance aux sulfamidés par un transfert horizontal entre les deux espèces.

Mécanismes de transfert d’élément génétique

Les bactéries peuvent transférer des éléments mobiles de leur génome:Plasmides et transposons

Souvent les bactéries ont rassemblé plusieurs gènes de résistance sur leur plasmides et l’échangent.

Modalité de résistance chez la bactérie

Résistances aquises courantes

AntibioQuizz (1)

Les antibiotiques sont des médicaments capables d’inhiber ou de détruire certaines bactéries. Ils ne sont d’aucune utilité sur les autres types de microbes comme les virus, les parasites ou les mycoses (champignons). En outre, ils ne traitent pas directement les symptômes d’une infection (fièvre, douleurs...).
Ce n’est pas le corps humain qui devient résistant à l’antibiotique mais les bactéries elles-mêmes en devenant moins sensibles au médicament ou plus du tout. Il s’agit d’un phénomène naturel, lié à l’évolution des espèces ; au contact des antibiotiques, les bactéries sensibles à l’antibiotique administré disparaissent, mais d’autres parviennent à survivre ou s’adaptent grâce à des modifications de leurs gènes. On dit alors qu’elles ont développé des résistances.
À chaque fois que des antibiotiques sont utilisés lors d’un traitement, le risque de mutation génétique existe, les bactéries sensibles disparaissent, mais d’autres peuvent s’adapter et survivre.
Les hôpitaux, les maisons de retraites, les crèches et les écoles favorisent également le développement des résistances, car, dans ces bâtiments, se côtoient des personnes souvent traitées par antibiotiques. Cette prosmicuité favorise la transmission des nouvelles bactéries résistantes d’un individu aux autres.
Selon une étude française menée en 1999 sur des enfants, près de 53% des pneumocoques, responsables entre autres d’otites, de pneumonies, de méningites... étaient résistants à l’antibiotique de référence, la pénicilline.
La même étude menée sur des adultes a montré que seulement 40 % de ces bactéries étaient résistantes à cet antibiotique.
Cette différence peut s’expliquer :
- par une plus grande consommation d’antibiotiques par les enfants. En 2002, une étude a montré que les enfants de moins de 3 ans ont reçu quatre fois plus d’antibiotiques que le reste de la population
- par le fait que les enfants sont plus souvent malades que les adultes, et en plus reçoivent trop facilement des antibiotiques, alors que de nombreuses infections respiratoires, rhumes et autres otites, sont en fait dues dans 80 % des cas à des virus, contre lesquels les antibiotiques sont totalement inefficaces. Par exemple dans le cas de la bronchiolite du nourrisson, le meilleur des traitements constitue en une kinésithérapie.
Il devient effectivement de plus en plus difficile de soigner des otites ou des méningites, puisque les bactéries ne sont pas toutes détruites par l’antibiotique prescrit.
Ce qui pousse les médecins à donner deux antibiotiques différents qu’ils pensent complémentaires, comme pour prendre les bactéries en tenaille, et de plus à augmenter les doses.
Il est difficile aujourd’hui de répondre à cette question ! Car il n’y pas encore eu réellement en France, sur l’ensemble de la population, de changement significatif dans la prescription des antibiotiques, et il n’y a donc pas assez de recul.
Cependant, si on se réfère à certains autres pays, et à une expérience test réalisée dans le département des Alpes-Maritimes, il s’avère qu’un lien entre moins d’antibiotiques et le développement moins rapide de la résistance des bactéries, peut effectivement être rapidement observé.
Initialement à l’expérience, les médecins avaient observé, sur une durée de 4 années, une augmentation de 20% de la présence de pneumocoques résistants chez les enfants. Après une campagne d’information, à laquelle ils ont adhéré, la prise d’antibiotiques a baissé de 10% et la résistance n’a plus augmenté, restant à un même niveau de 64% de bactéries résistantes.

Actualités

Voir aussi

Biologie | Immunologie | Microbiologie

Références

See also: Antibiotique, 1951, 1978, 1999, 2000, 2002, ADN, ARN polymérase