Angles (peuple)

Sommaire

Sources

Sources écrites

Les historiens disposent de deux sources majeures mais postérieures sur les ancêtres protohistoriques des Angles :

À ces sources, il faut ajouter l'Histoire rédigée par un Breton au VIe siècle, qui dépeint donc les Angles comme des envahisseurs sanguinaires et qui n'épargne pas non plus, d'ailleurs, les rois de son peuples qualifiés de « tyrans » :

Enfin, bien que tardive et n'étant pas une source historique à proprement parler, l'épopée du Beowulf, qui s'appuie sur la tradition orale pour décrire les succès d'un Angle de l'Est (?) au service d'un roi danois, Hrothgar, rend compte de l'imaginaire païen et héroïque de l'aristocratie anglaise au VIIe siècle.

Sources archéologiques

Les sources archéologiques de la période anglo-saxonne nous renseignent surtout sur les premiers établissements germaniques dans l'île de Bretagne.

Histoire

Selon Bède, les Angles vinrent avec des contigents de Jutes et de Saxons pour répondre à l'appel du roi breton Vortigern au début du Ve siècle : les territoires sur lesquels règnait ce dernier étaient menacés par les Scots, des envahisseurs venus d'Irlande. Au contraire, selon l'historien byzantin Procope, les premiers Angles étaient surtout accompagnés de Frisons. La présence de ces derniers est effectivement attestée par l'archéologie.

D'autres tribus suivirent un autre chemin ; on en trouve trace en Poitou, où ils s'installèrent à Angles-sur-l'Anglin, village qui a gardé leur nom, ainsi que la rivière qui passe à ses pieds.

Les origines des Angles selon la tradition

En tous cas, ils auraient été menés au combat par deux frères : Hengist et Horsa. Ces premiers rois des Angles sont présentés comme les descendants d'un certain Woden (Odin) selon l'historiographie médiévale anglo-saxonne et selon la tradition germanique. Pour Bède et selon la tradition chrétienne, ils seraient venus d'un « angle » (latin angulus) du monde et auraient servi d'instruments du châtiment divin contre les Bretons hérétiques dans l'« angle » opposé : la future Angleterre (dans cette perspective eschatologique, le monde est alors vu symboliquement comme un carré, dont les angles sont les quatre points cardinaux, et dont Rome, c'est-à-dire l'Église romaine, occupe le centre).

En rattachant ainsi les Angles à la tradition chrétienne (du Deutéronome, un livre de l'Ancien Testament), Bède n'agit pas différemment des autres historiens nationaux du Moyen Âge (Grégoire de Tours, Paul Diacre...) : il cherche à légitimer par la religion chrétienne l'existence des royaumes germaniques des Angles, alors même que les origines de ceux-ci sont païennes. Les Angles sont alors dépeints comme un nouveau peuple élu.

L'installation sur l'île de Bretagne

Quoi qu'il en soit, l'origine géographique exacte des Angles est inconnue. Leurs territoires ancestraux sont cependant situés sur les rives de la Baltique, entre la Hollande actuelle (la Frise du haut Moyen Âge) et le Danemark.

Ces mercenaires, ou ces envahisseurs païens s'établirent dans l'île de Bretagne et bâtirent leurs royaumes par la force au détriment des royaumes bretons. Le retrait des troupes romaines avait laissés ces derniers sans défense, ce qui fut probablement la cause première de l'arrivée des Angles. Dès 410, en effet, les sources latines mentionnent la présence de pirates frisons en Mer du nord et dans la Manche, mais il semble que leur immigration massive n'ait débuté que dans les années 430.

Les royaumes des VIIe-VIIIe siècles

Au tout début du VIIe siècle, alors que ces peuples germaniques étaient encore païens, il existait une douzaine de royaumes anglo-saxons dans l'île. Parmi ceux-ci, trois se détachèrent :

En réalité, à cette époque et plus encore par la suite, un roi dominant s'imposait dans l'île : c'est le cas du roi northumbrien Edwin au VIIe siècle, des rois merciens Æthelbald puis Offa au VIIIe siècle, et enfin du roi du Wessex Egbert au début du IXe siècle. Aussi, vers 731, Bède a déjà conscience de l'unité anglo-saxonne et il est tout naturel – par sa nationalité et en raison de la renommée de l'Église northumbrienne – qu'il mette surtout en avant le peuple « anglais », par opposition aux Bretons mais aussi probablement aux Saxons et aux Jutes. L'unité du peuple anglais s'entend ainsi comme spirituelle et culturelle, par-delà des différences politiques qu'elle ne remet pas en question.

La fin des royaumes des Angles

Néanmoins, dès la fin du VIIIe siècle, des envahisseurs nordiques viennent menacer les côtes anglaises et pillent les monastères de Lindisfarne (793), Jarrow (le monastère de Bède, en 794) et Iona (en 795). Ceux-ci accomplissent des progrès militaires tout au long du IXe siècle. En 879, les Danois de Guthrum, lequel vient de recevoir le baptême, s'installent définitivement dans l'Anglie orientale (Est-Anglia), alors que les Vikings norvégiens atteignent York. C'est la fin, à proprement parler, des « royaumes des Angles ».

Les royaumes des Angles

Selon Bède, les royaumes peuplés par les Angles étaient :

En réalité, il est quasiment certains que les populations de ces royaumes étaient très mélangées. Sans doute se considéraient-ils angles en raison de la dynastie régnante, compte tenu de l'importance qu'avaient les liens personnels pour les Saxons. Les cadres du pouvoir, plus que qu'une quelconque homogénéité ethnique, peuvent expliquer cette notion d'identité. De plus, chez Bède, le latin natio (qui désigne une ethnie) est rarement employé, en tous cas non pour désigner les habitants des royaumes des Angles.

Parmi ces « royaumes des Angles », deux méritent une attention particulière :

Image manquante
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Fibule


fibule anglo-saxonne.
VIIe siècle. Découverte à Sutton Hoo, en Angleterre

Autres Angles

Comme tous les peuples Barbares, les Angles ne sont pas un peuple monolithique. On en retrouve des rameaux ailleurs qu'en Angleterre. Ainsi une petite tribu s'est établie au Haut Moyen Âge dans le Haut-Poitou, à Angles-sur-l'Anglin, donnant son nom à un village et à une rivière.

Voir aussi

Anglo-Saxons - Saxons - Bède le Vénérable - Northumbrie - Histoire de l'Angleterre

See also: Angles (peuple), 400, 410, 664, 731, 793, 794, 795, 879