Analyse technique
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En finance, l'analyse technique (AT) utilise des méthodes graphiques ou mathématiques sur des séries statistiques passées de prix et de volumes des transactions pour détecter :
- des tendances (canaux de cours, moyennes mobiles...).
- des signaux de maintien ou de rupture de ces tendances (franchissements de lignes supports ou résistances, figures graphiques diverses dont le célèbre « tête-épaules »).
Comme toute analyse, elle vise avant tout à essayer d'anticiper l'évolution future des cours étudiés.
Différences par rapport aux autres méthodes d'analyse financière
L'analyse technique diffère des autres méthodes d'analyse financière, et, bien que controversée, les complète :
- elle ne s'intéresse pas aux fondamentaux intrinsèques (ceux de l'économie ou de l'entreprise), à la différence de l'analyse fondamentale, mais travaille sur les données extrinsèques (celles du marché financier) un peu comme si les cours traduisaient des facteurs fondamentaux sous-jacents, ou tout au moins des anticipations, non encore publiquement connus.
- elle part du comportement du marché, mais sans utiliser les notions explicatives de l'analyse comportementale.
- son domaine est plus étroit (évolution des cours) et moins sophistiqué mathématiquement que celui de l'analyse quantitative.
Le débat sur l'analyse technique
En raison de ses fondements en grande partie mathématiques (formules d'indicateurs) et de son absence d'analyse économique, l'analyse technique est très controversée. Force est de constater pourtant qu'elle est très utilisée par les traders et qu'elle fait l'objet d'une abondante littérature, plus ou moins complexe. Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle fonctionne ?
La question se situe également à un autre niveau : les marchés financiers suivent-ils une marche au hasard, ou bien peut-on distinguer certaines persistances dans leur évolution ?
Un modèle considère que c'est le cas. Selon ce modèle, les petits porteurs achètent et vendent selon des critères assez irrationnels, où la notoriété d'un titre et les rumeurs tiennent par exemple plus de place qu'une analyse solide (chiffre d'affaires, marché, concurrents, dette à long terme, marges, ...), ce qui fait dériver les cours dans un sens ou dans l'autre, comme par exemple lors de la bulle Internet. Dès que ceux-ci s'écartent trop de la valeur estimée par les investisseurs institutionnels, ceux-ci achètent ou vendent, contenant donc les cours dans une sorte de marche au hasard entre barrières réfléchissantes. Bien que cette thèse soit séduisante, un problème pour la vérifier est le choix de la plage de temps pour en étudier les effets. Trop petite, on n'identifie pas les barrières. Trop grande, elles laissent à celles-ci le temps de changer suite à des faits nouveaux concernant l'entreprise.
Pour les analystes « classiques », les chartistes travaillent sur les données du passé simplement parce que celles sur l'avenir (qui seraient certes plus intéressantes !) ne sont pas disponibles. Ils y voient donc une sorte de culte du cargo.
Néanmoins, on observe dans de nombreux cas que quelque soit la période de placement, l'analyse technique offre d'excellents résultats si on sait interpréter correctement les signaux. Celà ne doit pas faire oublier le fait que des événements tels une publication de chiffre d'affaires désastreux a très peu de chance d'être anticipée avec l'analyse technique car seuls les initiés, représentant un petit volume, sont au courant de la nouvelle.
Auparavant, l'analyse technique n'était pas véritablement considérée comme une méthode fiable. Aujourd'hui, elle est de plus en plus utilisée de paire avec l'analyse fondamentale (chiffres de l'entreprise).
