Amiante

L'amiante désigne une roche métamorphique naturellement fibreuse. Elle est exploitée dans des mines, notamment québecoises.

Sommaire

Propriétés chimiques

Il existe plusieurs catégories d'amiante, qui se distinguent par leur composition chimique, le chrysotile (groupe des serpentines), ou amiante blanc, et les amphiboles avec notamment le crocidolite ou amiante bleu, l'amosite ou amiante brun, et plus rarement le trémolite ou l'actinolite.

Les caractéristiques physico-chimiques (points de fusion, résistance à la traction, stabilité chimique, aptitude au filage..) de l'amiante en font un produit exceptionnel par rapport aux fibres artificielles comme les fibres de verre ou de roche.

Utilisation

Elle a été utilisée très tôt dans l'industrie pour l'isolation, les joints ou encore les garnitures de friction (embrayage et plaquettes de freins). Le coût faible de production (environ 5 fois moindre que les fibres minérales articielles) font que ce matériau a aussi été fortement utilisé, notamment dans le bâtiment entre 1960 et 1980. L'application la plus répandue est l'amiante-ciment, qui représente 90% de l'utilisation de l'amiante, a été très utilisé dans le secteur bâtiment, et a contenu de l'amiante jusqu'a fin 1996. Son usage intensif pose des problèmes pour son enlèvement. Ainsi, le désamiantage du campus universitaire de Jussieu prendra des années, celui de la Tour Montparnasse n'est pas résolu et le cas du porte-avions désaffecté le Clémenceau a donné lieu à des actions en justice.

Risques

En 1905, les premières relations sont faites entre l'exposition professionnelle aux fibres d'amiante, et l'augmentation des pathologies respiratoires.

Ce sont ces mêmes caractéristiques physico-chimiques, associées à une capacité à se fractionner en particules microscopiques pour atteindre les alvéoles pulmonaires, et même migrer jusqu'à la plèvre, qui font que l'inhalation de particules d'amiante est pathogène : notamment, l'asbestose, fibrose pulmonaire au même titre que la silicose, le cancer du poumon et le mésothéliome, cancer de la plèvre, dont le pronostic est le décès assez rapidement.

Les pathologies peuvent se déclarer jusqu'à plus de cinquante ans après les premières expositions aux fibres d'amiante.

Réactions politiques

En 1931, au Royaume-Uni, une réglementation a été mise en place pour protéger les travailleurs.

Des études ont été faites dans les années 1950 et 1960, pour étudier la toxicologie de l'amiante.

En 1976, en France, les actualités télévisées informent du risque de cancer lié à l'amiante, et du risque de décès, autour de l'actualité de Jussieu.

A la fin des années 1980, l'Allemagne interdit l'amiante, après que les pays nordiques l'eurent fait.

En 1977, en France, la mise en œuvre de flocage contenant de l'amiante est interdite.
L'évolution réglementaire de l'interdiction de mise sur le marché de produits contenant de l'amiante s'étalera jusqu'au 1er janvier 1997, date à laquelle, seules quelques applications pour lesquelles les enjeux en termes de sécurité sont tels, que l'amiante n'a pas encore trouvé de remplaçant fiable.

Depuis 1996, avec des modifications en 1997, 2001 et en 2002, une réglementation s'imposant aux propriétéaires d'immeubles bâtis créée des obligations de recherche d'amiante dans leurs locaux, à l'occasion notamment des transaction immobilières ou des démolitions. Dans certains cas exceptionnels où la population serait exposée au risque d'inhalation de fibres d'amiante, des travaux peuvent être imposés.

L'amiante est interdite en Europe à partir de janvier 2005.

Après l'effondrement des tours de New York par l'attentat du 11 septembre 2001 un gros nuage d'amiante est demeuré pendant des mois sur cette partie de la ville.

Actions récentes

Un « institut de l'amiante » est créé au Québec, pour faire la publicité de ce matériau qui est rebaptisé du nom du type d'amiante à fibre longue, le chrysotile.

La France met en place le Comité Permanent Amiante. Ce comité milite pour un usage maitrisé de l'amiante, et sera fortement soutenu par les entreprises utilisatrices.

En 1991, la France est le premier importateur mondial.

En 1991, selon le CPA, seuls 200 décès par an sont liés au mésothéliome. L'Union Européenne n'a pu interdire l'amiante à cause de la France. En effet, le représentant du ministère français de l'industrie est membre du CPA. En 1996, le CPA disparait.

En 1998, le Canada attaque la France devant l'OMC. En 2001, il reconnait que la santé publique justifie l'entrave à la liberté de commerce.

Le Brésil est le cinquième producteur mondial, et est soutenu par le Québec qui lui suggère le modèle tripartite gouvernement-industrie-syndicat. L'entreprise Eternit joue un rôle important.

Au Brésil, l'amiante n'est pas considéré comme dangereux.

Trois sénateurs et six députés pro-amiante (qui avaient été payés 30 000 € par les entreprises d'amiante) ont attaqué en Cour Suprême Fédérale. Le Canada et l'Institut du chrysotile sont intervenus pour dire que le produit est un bon produit et qu'il n'est pas dangereux quand on sait l'utiliser. Deux états du Brésil sont revenus sur leur banissement.

Au Brésil, officiellement, 100 personnes sont tombées malades. Une association en a trouvé 2 500 autres.

Certains pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud continuent à importer ce produit, malgré l'opinion défavorable des autres pays.

Les prévisions de morbidité prévoient en France, 3 000 décès par an jusqu'en 2025, suite à des pathologies professionnelles liées à des expositions aux fibres d'amiante.

Réglementation et normes

Liens externes

See also: Amiante, 11 septembre 2001, 1905, 1931, 1960, 1976, 1977, 1980, 1988, 1991