Altruisme
On nomme altruisme, l'éthique qui prend en compte les autres (leurs besoins, leurs souhaits) avant soi-même, et parfois même contre soi-même.
Un acte « altruiste » est un acte où on cherche à maximiser le bénéfice d'autrui, tandis que le bénéfice ou la perte pour l'auteur n'est pas pris en compte (qu'il existe ou non).
Possibilité de l'altruisme contre l'égoïsme
Bien que ce type de comportement semblent a priori avoir une incidence négative par rapport à la sélection naturelle, l'examen plus fin par la sociobiologie des mécanismes à l'œuvre et des niveaux de sélection (génétique) et d'expression (individu) montre qu'il n'y a pas contradiction, et que ces comportements peuvent être sélectionnés.
La théorie des jeux a facilement construit des exemples où l’altruisme peut fournir de meilleurs résultats pour les protagonistes d’une situation que l’égoïsme (voir dilemme du prisonnier. Sur cette base, elle a pu mettre en évidence que les conditions pour voir l'altruisme apparaître sont assez faibles et donc fréquemment rencontrées, et que les bénéfices de l'altruisme peuvent être grands pour l'individu, tandis que les bénéfices pour autrui de l'égoïsme peuvent être tout aussi importants.
D'autre part,
- chercher à maximiser le bénéfice pour autrui suppose d'en avoir une bonne idée, ce qui est souvent plus difficile que la théorie le prévoit. Les gens n'ont pas forcément les mêmes préférences que l'auteur de l'acte...
- un acte qui nous semble « bien », comme un acte altruiste, procure du plaisir à son auteur, ce qui le rapproche d'un acte purement égoïste. Par ailleurs, généralement perçu comme une valeur par les autres, l'altruisme améliore l'image sociale de celui qui en fait usage.
Ainsi, si on oppose généralement l'altruisme à l'égoïsme, il apparaît que souvent la distinction entre les deux est assez difficile, et doit faire appel à une « intention », un « esprit », difficile à percevoir...
La parabole des petits vieux
Un vieil homme évoque avec sa femme un souvenir. Le premier jour de leur rencontre, ils ont partagé le pain. C'est lui qui a coupé, sans y penser, comme il faisait à son habitude : la croûte d'un côté, la mie de l'autre. Il a laissé le meilleur à sa (future) femme, qui l'a pris avec joie. Ils ont continué à partager ainsi le pain. Et bien tu vois, dit l'homme, pendant tout ce temps ça m'a fait bien plaisir de manger le morceau que je détestais, rien que pour le plaisir de te voir profiter de mon morceau préféré. Et la femme de sourire en pensant : je comprends, c'était la même chose pour moi...
