Alerte aux populations
L'alerte aux population est l'action de prévenir les populations de l'arrivée d'un danger afin que celle-ci puissent s'en protéger. Le but est de minimiser le nombre de victimes.
On peut distinguer deux situations :
- l'alerte à moyen ou long terme : le danger s'approche et arrivera probablement dans quelques jours (par exemple cas d'un cyclone), ou bien il s'agit d'une situation s'installant lentement, ou bien dangereuse uniquement du fait de sa durée (par exemple canicule ou grand froid)
dans ce cas, l'information peut se faire par les média traditionnels (quotidiens, radio, télévision, internet), l'affichage administratif (par exemple sur les mairies) et par des bulletins d'alerte et d'information (alerte météo, bulletin d'alerte météorologique—bam, carte de vigilance) ; - l'alerte à court terme : le danger est soudain et imminent (par exemple nuage toxique créé par un accident industriel)
dans ce cas, l'alerte se fait en général par un signal sonore (sirène) ; il faut donc avoir informé la population pour qu'elle sache comment réagir (par exemple, se confiner et écouter la radio).
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Prérequis
La mise en place d'un système d'alerte dans un pays requiert d'avoir d'une part un réseau de veille permettant de détecter le problème à temps, et d'autre part une structure pouvant déclencher le système d'alerte, en relation avec le réseau de veille. Il faut distinguer les structures locales, pour les accidents industriels ou les catastrophes naturelle d'ampleur locale (par exemple inondation), et les structures nationales ou supra-nationales pour les catastrophes de grande ampleur ou dont la prévision nécessite de gros moyens (par exemple ouragan, tsunami, nuage toxique ou radioactif de type Tchernobyl, bombardement).
Le pays doit ensuite mettre en place une infrastructure pour diffuser l'alerte, en général
- une cellule de contact avec les média,
- des moyens de contact entre les administrations locales et l'administration centrale chargée de la sécurité civile,
- et un moyen de prévenir massivement et rapidement les populations, en général un signal sonore (réseau de haut-parleurs ou de sirènes couvrant le pays).
Il faut enfin former les populations à la reconnaissance de ce signal et à la conduite à tenir. Ceci doit prendre en compte les risques les plus probables pour la région. Les consignes doivent être simples ; on peut distinguer deux types de situations : celle requérant un confinement, et celle requérant une évacuation immédiate. Il faut donc dans l'idéal deux signaux distincts.
En Fance
En France, l'alerte aux population se fait via le réseau national d'alerte (RNA). Il s'agit d'un réseau constitué d'environ 4 500 sirènes réparties sur le territoire ; il est hérité de la défense passive de la Seconde Guerre mondiale. Les signaux ont été définis par le décret n°90-394 du 11 mai 1990 relatif au code national d'alerte. Il s'agit d'une sirène montante et descendante, en dents de scie, durant une minute et répété trois fois, avec une pause de cinq seconde entre chaque signal.
Signal_national_alerte_france.png
Les dents de scie sont constituées :
- lorsqu'il s'agit d'un son généré par électronique par haut-parleur : d'une montée de deux secondes de la fréquence 300 Hz à la fréquence 600 Hz (départ entre ré et ré# médium et montée d'une octave, voir l'article Note de musique), suivie d'une descente de deux secondes pour revenir à la note initiale ;
- lorsqu'il s'agit de sirènes électromécaniques (sorte de ventilateur) : au démarrage d'un cycle, le moteur est à l'arrêt, le son monte donc progressivement, en dix secondes, jusqu'à la fréquence de 380 Hz (entre le fa# et le sol), puis l'alimentation du moteur est coupées durant cinq secondes, le son devient donc plus grave ; le cycle est répété quatre fois (donc cinq cycles au total), avec une montée de sept seconde et une descente de cinq secondes. C'est le système le plus courant en 2004.
Detail_signal_national_alerte_france.png
Lorsque ce signal retentit, les personnes sont invitées
- à se confiner dans l'endroit clos le plus proche (domicile, lieu public, entreprise, école...) en colmatant les ouvertures, en coupant les ventilations, climatiseurs et chauffages, et en restant loin des fenêtres,
- à interdire de faire des flammes, de fumer, d'ouvrir les fenêtres,
- à s'abstenir de téléphoner (ni téléphone fixe, ni téléphone portable) sauf détresse vitale, afin de laisser les lignes libres pour les secours,
- et à écouter la radio : France Inter sur grandes ondes (1 852 m, 162 kHz) : il s'agit de la radio de service public, et en cas de destruction de l'émetteur en modulation de fréquence (FM) le plus proches, l'émission en grandes ondes peut toujours être captée ; à défaut, écouter France Info ou les radios locales. La radio fournira les consignes à suivre.
Les enfants scolarisés sont pris en charge par l'école, c'est le lieu où ils sont le plus en sécurité. Il est donc dangereux et inutile d'aller les chercher.
La fin de l'alerte est indiquée par un signal continu de trente secondes, d'une fréquence de 380 Hz (entre le fa# et le sol médium), que le signal soit d'origine életronique ou électromécanique.
Les sirènes diffusant ce signal sont installées en fixe sur des hauteurs (par exemple des bâtiments hauts) ; le signal peut éventuellement être diffusé par des hauts-parleurs montés sur des véhicules mobiles. Dans les petites communes abritant un centre de première intervention (CPI) des sapeurs-pompiers, la sirène sert également parfois à appeler les sapeurs-pompiers volontaires lorsque leur intervention est requise, mais le signal est différent (une séquence unique de deux ou trois cycles seulement), et le système est de plus en plus remplacé par des bips (pageurs).
Le signal national d'alerte est testé le premier mercredi de chaque mois à midi : le signal d'alerte retentit une seule fois (au lieu de trois) à 12h00, puis le signal de fin retentit à 12h10.
Jusqu'en 1999, les consignes étaient indiquées sur les annuaires téléphoniques de France Télécom. Elles sont enseignées à l'attestation de formation aux premiers secours (AFPS).
Les lieux situés en aval d'un barrage disposent d'une alerte spéciale, sous la forme d'une corne de brume. Ce signal indique un risque de rupture imminent du barrage ou un relargage d'eau pour éviter cette extrémité, avec un risque d'innondation de la vallée. Lorsque ce signal retentit, les personnes doivent évacuer d'urgence la zone.
Des consignes spécifiques peuvent être définies en fonction des risques locaux, notamment industriels. L'information des populations est alors à la charge des mairies et préfectures.
Aux États-Unis d'Amérique
Aux États-Unis, l'alerte aux populations se fait par radio, avec le système appelé Emergency alert system (EAS). Ce système a remplacé le Emergency broadcast system (EBS) en 1997, qui a lui-même été créé en 1963 pour remplacer le CONELRAD (Control of Electromagnetic Radiation).
Les messages d'alerte sont des messages numériques (succession de bits) d'un format normalisé. L'en-tête indique la nature du message (il est émis quatre fois afin d'éviter les déclenchemens erronés). Ces messages peuvent être envoyés par les stations primaires qui peuvent être nationales (national primary, NP), de l'Etat (state primary, SP) ou bien locales (local primary, LP). Les messages sont relayés par les relais de l'État (state relays, SR) jusqu'aux acteurs locaux. Les relais locaux, ou participating national sources (PN), sont les stations de radio et de télévision (systèmes de diffusion par câble ou par voie hertzienne), les autres service sous la coupe de la Federal Communications Commission (FCC), ainsi que des entreprises participant au programme ; les particuliers possédant une radio compatible EAS peuvent directement décrypter les messages de l'EAS.
Une notification d'action d'urgence (emergency action notification, EAN) est envoyé à toutes les stations relais pour indiquer le début de l'alerte ; les émissions des stations relais sont alors interrompues et remplacées par le message d'alerte, qui commence par un signal sonore de huit secondes composé par deux sons sinusoïdaux émis en même temps et de fréquence 853 Hz (entre le sol # et le la aigu) et 960 Hz (entre le sib et le si aigu), qui est un accord dissonant (il provoque une sensation désagréable, avec des battements interférentiels). Ce signal sonore est suivi par un message vocal indiquant la nature de l'alerte et les consignes à suivre. Lorsque l'alerte est levée, la station d'origine émet un message de fin (emergency action termination, EAT).
La plupart du temps, l'EAS est activé pour des risques climatiques (tempêtes, ouragans). Le système est testé une fois par semaine.
Dans le système précédent (EBS, avant 1997), signal d'alerte n'était pas numérique mais analogique. Le signal d'avertissement (accord dissonant) état diffusé durant 28 secondes, les 20 première secondes déclenchaient l'arrêt des émissions normales et les 8 dernières secondes étaient diffusées à l'antenne en préalable au message d'urgence. Le basculement des émissions normales à la diffusion du message d'alerte (retransmission du message de la station primaire) était effectué manuellement. Pour les déclenchements nationaux, une confirmation de l'alerte était relayée par les agences de presse Associated Press (AP) et United Press International (UPI) pour éviter les erreurs ou canulards. Entre 1976 et 1996, l'EBS a été activé plus de 20 000 fois, pour des événements météorologiques..
Voir aussi
Liens externes
- Les sirènes d'alerte, site du ministère français de l'Intérieur
