Alain Madelin
Alain Madelin est un homme politique français, né le 26 mars 1946 à Paris (XIIe arrondisement).
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Biographie
Fils de Gaétan Madelin, ouvrier spécialisé de Renault et d'Aline, femme de ménage, il passe son enfance à Belleville, à Paris.
Choqué par les accords d'Évian, il s'engage dès ses 16 ans pour la cause nationaliste et devient famillier des bagarres avec les militants d'extrême gauche. En 1964, alors qu'il étudie le droit à Assas, il est l'un des fondateurs du mouvement Occident, mouvement étudiant d'extrême droite, avec Gérard Longuet et Patrick Devedjian. Revenant sur cette époque, il déclare qu'il s'agit d'un
« anticommunisme militant, extrême et passionné, qui a accompagné une bonne partie de ma vie d'étudiant. Et comme à ce moment-là, la France de l'anticommunisme était marginalisée, nous avons été systématiquement confinés à l'extrême droite. En face, ils étaient pour Mao et Pol Pot, pour les Gardes rouges et pour les Khmers rouges. Je ne regrette pas de ne pas avoir choisi ce camp-là ».
Le 12 janvier 1967, Occident opère une action commando contre des militants d'extrême gauche qui distribuent des tracts à la faculté de Rouen. Le commando, dont fait partie Madelin, laisse sur le carreau, cinq blessés, dont un grave, crâne fracturé et même percé d'un coup de clé à molette. Ironie du sort, ce blessé grave n'est autre qu'un futur journaliste du Monde : Serge Bolloch.
Les militants d'Occident affrontent les manifestants de mai 68 ; à l'issue de la crise le groupuscule est dissous.
À l'automne 1968, Alain Madelin retourne à la faculté de droit d'Assas, et adhère au Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing, qui recycle une partie de l'extrême-droite. Il obtient une licence de droit. L'avocat prête serment en 1971, mais ne coupe pas vraiment les ponts. Il travaille dans différents instituts et organismes patronaux, notamment avec Georges Albertini, un ex-lieutenant du collaborationniste Marcel Déat, qui fut un des derniers ministres du maréchal Pétain.
Il intègre l'état-major de Valéry Giscard d'Estaing, qui est élu président en 1974. (idem en 1981)
En 1978, Alain Madelin est élu député d'Ille-et-Vilaine et devient vice-président du Conseil régional de Bretagne ; il fait sensation en arrivant sans cravate dans l'hémicycle.
Lorsque la droite gagne les élections législatives en 1986 et que débute la première cohabitation, Jacques Chirac le nomme ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme. Le scénario se répète lorsque la droite gagne les élections législatives en 1993 et qu'Édouard Balladur, premier ministre de la seconde cohabitation, nomme Alain Madelin ministre des Entreprises et du Développement économique.
Son passage laisse deux traces notables : d'une part les contrats de retraite dit « Madelin », permettant aux non-salariés de se constituer une retraite par capitalisation ; d'autre part une simplification des démarches de création d'entreprise, avec la mise au point du statut d'entreprise unipersonnel (EURL et EARL).
En 1995, Alain Madelin est élu maire de Redon.
Lorsque l'UDF se range derrière Édouard Balladur à l'élection présidentielle de 1995, il choisit de soutenir Jacques Chirac. Élu, ce dernier le nomme ministre de l'Économie et des Finances mais ses positions libérales le mènent à la démission au bout de trois mois et il est remplacé par Jean Arthuis. À la victoire de la gauche en 1997, il prend la tête du Parti républicain. À l'été 1997, il renomme ce parti en Démocratie Libérale.
En mars 1998, le refus d'Alain Madelin de condamner les présidents de régions élus avec les voix du Front national, comme Millon et Blanc, provoque la rupture entre DL (Démocratie Libérale) et la maison mère, l'UDF.
Il se présente à l'élection présidentielle de 2002, mais ne parvient pas à atteindre le seuil de 5% des voix qui lui permettrait de se faire rembourser ses frais de campagne : financièrement acculé, il rejoint avec son parti l'UMP en 2002.
Il est aujoud'hui avocat au barreau de Paris, divorcé, et a trois enfants (Gaëlle, Armelle, Brian-Stefan)
Mandats
- 03/04/1978 - 22/05/1981 : Député d'Ille-et-Vilaine
- 02/07/1981 - 01/04/1986 : Député d'Ille-et-Vilaine
- 16/03/1986 - 22/03/1992 : Membre du Conseil régional de Bretagne
- 20/03/1986 - 10/05/1988 : Ministre de l'industrie, des PTT et du tourisme (/ Jacques Chirac)
- 06/06/1988 - 01/04/1993 : Député d'Ille-et-Vilaine
- 25/07/1989 - 03/11/1989 : Député européen
- 23/03/1992 - 15/03/1998 : Vice-Président du Conseil régional de Bretagne
- 30/03/1993 - 11/05/1995 : Ministre des entreprises et du développement économique, chargé des petites et moyennes entreprises et du commerce et de l'artisanat (/ Édouard Balladur)
- 02/04/1993 - 01/05/1993 : Député d'Ille-et-Vilaine
- 28/03/1994 - 08/10/1995 : Membre du Conseil général de l'Ille-et-Vilaine
- 18/05/1995 - 26/08/1995 : Ministre de l'économie et des finances (/ Alain Juppé)
- 19/06/1995 - 18/03/2001 : Maire de Redon (Ille-et-Vilaine)
- 09/10/1995 - 21/04/1997 : Député d'Ille-et-Vilaine
- 01/06/1997 - 18/06/2002 : Député d'Ille-et-Vilaine
- 1997, le Parti républicain se transforme en Démocratie libérale, et il en devient le president.
- 20/07/1999 - 17/06/2002 : Député européen
- 21 avril 2002, candidat à l'élection présidentielle, il remporte 3,91% des suffrages.
- Il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 4e circonscription d'Ille-et-Vilaine. Il fait partie du groupe UMP.
Sanction disciplinaire
- 02/02/1984 Infraction : « Injures ou menace envers le Président de la République française » (Article 73 du Règlement de l'Assemblée nationale) Peine: « Censure simple » (privation pendant un mois de l'indemnité parlementaire). Contexte : François d'Aubert, Alain Madelin et Jacques Toubon avaient mis en cause l'honneur du Président Mitterrand, Grand Commandeur de l'ordre de la Legion d'Honneur (cf. Chronique constitutionnelle française (revue Pouvoirs), n°30, p. 159)
Ouvrages
- 'Pour libérer l'école, l'enseignement à la carte (1984)
- Chers compatriotes... Programme pour un président (1994)
- Quand les autruches relèveront la tête (1995)
- Le droit du plus faible (1999)
