Al-Mansur (Abbasside)

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Abû Ja`far `Abd Allah ben Muhammad al-Mansûr (arabe: أبو جعفر عَبد اللَّه بن مُحَمَّد بن عَلِيّ بن عَبد اللَّه بن عَبَّاس abū Ja`far `abd allah ben muḥammad ben `alīy ben `abd allah ben `abbās) (arabe: منصور manṣūr, vainqueur) est né en 714. Il devint le second calife abbasside en 754 en succédant à son frère Abû al-`Abbâs as-Saffah. Il est mort à La Mecque au cours du pèlerinage en 775 ; il y est enterré.

Histoire

Bien qu'ayant été désigné par son frère Abû al-`Abbâs comme son successeur, Abû Ja`far al-Mansûr fut contesté par certains de ceux qui avaient mis son frère au pouvoir. Abû Muslim aida al-Mansûr à se défaire de ses adversaires.

Al-Mansûr, soucieux de la solidité de l'empire et sans doute jaloux des succès de Abû Muslim, fit assassiner celui qui avait pourtant été à la source de la victoire abbasside sur les Omeyyades. Al-Mansûr avait nommé Abû Muslim gouverneur de l'Ègypte, un moyen de l'éloigner de ses partisans du Khorasan, et avait nommé l'un des principaux lieutenants de Abû Muslim dans le Khorasan, un façon de lepayer de sa trahison. Abû Muslim refusa sa nomination, mais à cause de la trahison des siens il ne pouvait plus combattre et se résolut à aller à la rencontre d'al-Mansûr. Le calife fit mine de vouloir honorer Abû Muslim en le recevant avec faste. Au cours d'une dernière rencontre, Al-Mansûr fit tuer en sa présence Abû Muslim à coups de sabre, l'appelant à cette occasion « Abû Mujrim » (arabe : مُخْرِم [mujrim] criminel ; délinquant). Après la mort d'Abû Muslim, un de ses amis habitant Nichapour (Neychâbûr) voulu le venger en envahissant l'Irak. Arrivé à Ray (Banlieue de l'actuelle Téhéran) cette armée fut défaite par l'armée abbasside.

Al-Mansûr pensait que le pouvoir des Abbassides ne devait pas être contesté. En cumulant les fonctions religieuses et royales, il reproduisait le schéma du pouvoir omeyyade s'aliénant ainsi les chiites qui eux aussi avaient été les instruments de la prise de pouvoir par Abû al-`Abbâs et réclamaient le califat pour leurs imams.

En 758, al-Mansûr dut faire face à une révolte kharijite dans la région de Bassora (Basra). Employant de nouveau le même stratagème de la fausse réception de réconciliation, il put isoler ses adversaires et les faire exécuter.

Al-Mansûr surnomma « al-Mahdî » son fils Muhammad et l'envoya lutter contre les opposants chiites dans le Khorasan. Il avait réussi à arrêter l'imam `Ali Zayn al-`Âbidîn, en 758 lors de son pèlerinage à La Mecque, mais depuis il recherchait vainement ses enfants Muhammad et `Abs Allah. Le second avait pris surnom de Mahdî et Muhammad celui de Hadî. Ainsi le fils de l'imam était-il Muhammad al-Mahdî de la famille de `Alî, et le fils de al-Mansûr Muhammad al-Mahdî de la famille du prophète.

Le gouverneur du Khorasan était peu sûr. Prétextant du besoin de combattre les Turcs aux frontières al-Mansûr fit une campagne au Khorasan en se débarrassant de son gouverneur. Dans le même temps le Tabaristan se rebellait, il fut conquis en 760.

Pour arrêter les fils de `Ali Zayn al-`Âbidîn, le calife fera plusieurs campagnes au Khorasan et à Médine, toujours vainement. Il eut aussi à combattre son oncle `Isâ qui prétendait à la succession malgré son grand âge. Al-Mansûr demanda conseil à Khâlid de la famille Barmécide il le chargea d'interroger `Isâ sur ses intentions avec trois autres hommes de confiance. Malgré la réponse négative de `Isâ, ils dirent à al-Mansûr que celui-ci était prêt à renoncer publiquement à ses droits. Quand `Isâ vint voir al-Mansûr, il nia avoir accepté de renoncer ; ce fut l'occasion de l'accuser de parjure. `Isâ, discrédité, renonça finalement à son droit de succession et Al-Madhî devint le successeur désigné (vers 765).

La politique

La tolérance des Abbassides envers les populations non arabes permit l'expression des arts. En Perse, un mouvement contre la prééminence arabe se développa, la « chu`ûbîya » (arabe : الشُّعوبيّة [aš-šu`ūbīya], sens moderne l'internationalisme) proclamant la supériorité de la culture persane sur la culture arabe.

Beaucoup de non Arabes se convertissaient à l'islam, bien que le califat ne l'encourageât pas car c'était une perte de recettes fiscales : les musulmans ne payaient pas l'impôt personnel (arabe : جِزْية [jizīya], capitation; tribut; taxe) auquel étaient soumis les dhimmis. Au cours du règne de al-Mansûr la proportion de musulmans dans la population doubla presque, passant de 8% à 15%.

Il construisit Bagdad et en fit sa capitale. Il fut le premier souverain arabe à s'intéresser aux sciences.



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Sources

See also: Al-Mansur (Abbasside), 714, 754, 758, 760, 775, Abbassides