Aksoum

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Obélisque à Aksoum

Aksoum ou Axoum (አክሱም, Aksum), ville d'Éthiopie, dans la province septentrionale du Tigré. Elle compte 14 000 habitants. C'est la capitale religieuse de l'Église éthiopienne orthodoxe. Le site archéologique d'Axoum a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1980.

Un royaume antique

Aksoum était la capitale du royaume éponyme. Fondé au Ier siècle comme simple principauté, celui-ci connaît une croissance rapide et s'étend jusqu'au plateau du Tigré et la vallée du Nil, annexant les petits royaumes voisins. Il atteint son apogée au Ve siècle, il est alors une grande puissance commerciale, et le premier État africain à battre monnaie. Depuis le IIIe siècle et le roi Ezana, le royaume est chrétien, et le premier évêché éthiopien est fondé en 340.

Le royaume finit par disparaître au XIIe siècle, miné par l'émergence du royaume éthiopien méridional et l'influence des nomades musulmans au nord.

Une place privilégiée dans le christianisme täwahedo

D'après la tradition éthiopienne relatée dans le Kebra Nagast (Käbrä Nägäst, ከብረ ነገሥት, livre de la Gloire des Rois) - propre à la tradition canonique de l'Église orthodoxe autonome, l'Arche d'alliance aurait été volée par un roi d'Aksoum, Ménélik Ier, fils du roi Salomon et de la légendaire reine de Saba, puis cachée dans la cathédrale Sainte-Marie-d'Aksoum, où elle se trouverait toujours. Les rois éthiopiens ont toujours, jusqu'à Ménélik II, fait célébrer leurs cérémonies de couronnement dans cette cathédrale.

Aksoum demeure aujourd'hui le cœur identitaire de l'Éthiopie moderne, particulièrement pour les Tigréens.

Un site archéologique exceptionnel

Les grandes stèles - obélisques - aksoumites , marquent selon les archéologues l'emplacement des tombeaux des souverains de ce royaume antique. Ils figurent parmi les plus grands monolithes jamais façonnés par l'homme. Le plus grand d'entre eux mesurait 35 mètres de haut.

De nombreux tombeaux ont été fouillés, certains ont été pillés, d’autres épargnés. Les richesses de ces derniers se trouvent aux musées archéologiques d’Aksoum et d’Addis-Abeba.

L'un des obélisques d'Aksoum avait été ramené en 1937 en Italie lors de l'invasion de l'Éthiopie par les armées de Mussolini et érigé non loin du Cirque Maxime à Rome, devant le bâtiment qui abritait le ministère de l'Afrique italienne jusqu'en 1945 et qui fut muté en 1951 en siège du FAO. En 1947, l'Italie s'est engagée à le restituer. Cette restitution n'eut finalement lieu qu'en 2005. Transporté en trois morceaux, le monolithe démembré devrait retrouver l'emplacement qu'il occupait à Aksoum depuis le IVe siècle en septembre 2005.

Lors de la préparation de l'aire qui l'accueillera, d'importantes découvertes archéologiques ont été faites. Selon les experts, il s’agit d’une nécropole royale de différentes dynasties pré-chrétiennes, qui se prolonge bien au-delà des limites actuelles de la zone archéologique. Des fouilles archéologiques pourraient aboutir à la mise à jour de richesses d’un intérêt historique majeur.

See also: Aksoum, 1937, 1945, 1947, 1951, 2005