Agrippine la Jeune

Sommaire

Arbre généalogique

Agrippine la Jeune était :

Vie

La fille de Germanicus

Agrippine la Jeune (Agrippina minor) est née un 6 novembre en Germanie après que sa mère, Agrippine l'Aînée (Agrippina maior), eut trouvé refuge avec ses trois enfants à Trèves. Redoutant les mutineries qui avaient accueilli l'annonce de la mort d'Auguste et l'accession de Tibère au pouvoir, la famille de Germanicus s'était repliée auprès d'alliés moins incertains, les Trévires.

Le lieu de naissance d'Agrippine la Jeune semble pourtant être Ara Ubiorum (qui deviendra Cologne plus tard). En 50, le lieu prendra le nom de Colonia Augusta Agrippinensis en son honneur (Agrippine est alors Augusta) sous le Principat de Claude, et ses habitants seront appelés Agrippinenses (Gaffiot).

En 17, Germanicus est rappelé à Rome où l'on célèbre son triomphe le 26 mai. Selon l'historien Tacite, « Ce qui ajoutait encore au spectacle [du triomphe], c'était la beauté de Germanicus et son char, sur lequel se trouvaient ses cinq enfants. » Annales, Livre II, Chapitre XLI-3

Germanicus est chargé d'une mission d'inspection en Orient. Apparemment dans le but de le séparer de ses troupes en raison des craintes et de la jalousie de Tibère. Il semble qu'Agrippine la Jeune soit restée à Rome pendant ce voyage. À Antioche, Germanicus meurt opportunément en octobre 19, probablement empoisonné sur ordre de Tibère.

Dès lors, Agrippine l'Aînée et ses enfants sont ballotés entre les rivalités personnelles et les affaires d'état (Tibère interdit à la veuve de Germanicus de se remarier, conspiration de Séjan). Après la mort de son fils Drusus, Tibère se renferme de plus en plus et les descendants de Germanicus en feront les frais : les deux aînés sont déportés en exil ou enfermés, et leur mère, Agrippine l'Aînée, est condamnée à l'exil. Tous trois mourront dans des conditions atroces et sans avoir retrouvé la liberté.

En 28, Agrippine la Jeune a 13 ou 14 ans et épouse Cneius Domitius Ahenobarbus, un choix de Tibère.

Cependant Tibère, après avoir accordé, en sa présence, à Cn. Domitius sa petite-fille Agrippine, fille de Germanicus, ordonna que le mariage fût célébré dans la Ville. En la personne de Domitius, il avait, outre l'ancienneté de la race, choisi un sang proche de celui des Caesars; car il pouvait se vanter d'avoir pour aïeule Octavie et, par elle, Auguste comme grand-oncle. (Tacite, Annales IV, 75)

En 32, Cneius Domitius Ahenobarbus est consul.

La mère de Néron

À Antium, le 15 décembre 37 au lever du soleil, elle accouche d'un fils, Lucius Domitius Ahenobarbus, le futur Néron. Ce sera son seul enfant.

Selon les historiens romains, Caligula entretenait des relations incestueuses avec ses trois sœurs et n'hésitait pas à les prostituer à ses favoris. Au début du règne, les sœurs de l'empereur sont entourées d'honneurs à la cour, mais en 39, accusées d'adultère et de complicité dans le complot de M. Aemilius Lepidus contre l'empereur, Agrippine et sa sœur Julia Livilla sont condamnées à un exil sur les îles Pontiennes qui durera jusqu'au principat de Claude en 41.

Agrippine divorce [?] de son premier époux, puis fait assassiner son second mari Passienus Crispus, (immensément riche) pour se lier à l’empereur Claude après la mort Messaline). La liaison (à l'instigation d'Agrippine, semble-t-il) est d'abord officieuse par crainte de dénonciation de l'inceste (Claude est l'oncle d'Agrippine). Le mariage est officialisé en 49 grâce à un subterfuge. Vitellius fait voter une motion par le Sénat obligeant l'empereur à se remarier. Et avec Agrippine. (Tacite, Annales Livre XII- V à VII).

Aussitôt, Claude se hâte de se conformer à la demande pressante du Sénat et du peuple romain. Mais il ordonne aussi des sacrifices expiatoires par les pontifes pour l'inceste (ce qui fit rire tout le monde, précise Tacite).

Agrippine obtient alors le retour d'exil de Sénèque qui avait été le précepteur de Domitius et parvient à fiancer son fils avec Octavie, la fille de son propre époux. Mariage consommé en 53.

Par son influence auprès de l'empereur et ses manœuvres, Agrippine élimine ses rivales passées (Lollia, Domitia Lepida) ou potentielles (Calpurnia) et s'empare des richesses de plusieurs notables (Statilius Taurus).

L'Augusta est alors la maîtresse de Pallas, un affranchi richissime, proche conseiller de Claude. Toujours en 49, poussant son époux à imiter Auguste (mais aussi Tibère qui avait adopté Germanicus), elle obtient que son fils soit adopté par Claude et passe de la famille des Domitii à celle des Claudii : il prend alors le nom de Néron et devient le rival (plus âgé) de Britannicus, le fils de Claude et de Messaline.

Britannicus est peu à peu isolé et tout est fait pour amener Néron au pouvoir.

Finalement, se sentant elle-même en danger et profitant de l'absence de Narcisse, l'un des conseillers les plus fidèles de Claude, Agrippine fait empoisonner l’empereur le 13 octobre 54.

Trop autoritaire, Agrippine est assassinée sur les ordres de son propre fils. « Frappe au ventre » dit-elle au centurion venu la tuer.

Bibliographie

Le prétexte du roman de Grimal est intéressant en ce sens qu'il prétend nous restituer les Mémoires écrits par Agrippine elle-même. Or, ces mémoires, aujourd'hui perdus, ont une existence historique attestée par Tacite (Annales IV, chapitre LIII-2) :
Ce fait qui n'a pas été rapporté par les auteurs d'ouvrages historiques, je l'ai découvert dans les mémoires de sa fille Agrippine, qui, devenue la mère de l'empereur Néron, a raconté à la postérité sa vie et la vicissitude des siens.

Opéra

See also: Agrippine la Jeune, 13 octobre, 15, 15 décembre, 16, 17, 1709, 19