Aetius

On a dit de lui qu'il fut « le Dernier des Romains » en raison de ses victoires contre les barbares et de l'époque à laquelle il vécut, peu avant que le dernier empereur d'Occident ne soit déposé.

En réalité, loin d'être le défenseur de la civilisation romaine, il sut asseoir son pouvoir sur des alliances de circonstance avec les principaux chefs barbares de son époque, s'appuyant sur les uns pour empêcher les autres de gagner trop de pouvoir. Il pratiqua, en cela, la même politique que ses compatriotes, mais elle lui apporta davantage de succès.

Il naquit à Dorostolus en Mésie à la fin du IVe siècle. Il était le fils d'un certain Gaudentius qui, bien que probablement d'extraction barbare, s'était élevé au titre de maître de la milice et plus tard de comte d'Afrique.

Durant sa jeunesse, il fut envoyé comme otage à la cour d'Alaric Ier, puis à celle de Rhuas, le roi des Huns. Ces derniers étaient tour à tour les principaux rivaux et alliés de l'empire. Alors qu'ils s'en prenaient à l'empire d'Orient, Aetius les utilisa comme auxiliaires contre les Germains qui menaçaient la Gaule. Dans le même temps, il sut user des faveurs du parti « anti-barbares » qui avait triomphé à Rome et avait provoqué la chute du général romano-vandale Stilicon.

Il repoussa les Francs orientaux au-delà du Rhin, vainquit les bagaudes d'Armorique, battit les Francs saliens de Clodion à Helesmes. Ce dernier chef barbare conclut un traité avec le général en 428. Ce traité (fœdus) faisait d'eux des « fédérés » combattant pour Rome, et les autorisait à s'installer dans l'Empire, en l'occurrence près du fisc impérial de Tournai. Il s'agissait là des origines du futur royaume franc de Clovis Ier.

Aetius battit également les Burgondes de Gunthar qui étaient entrés en Gaule et les força - ou plutôt négocia leur installation en Sapaudia (la future Savoie, précisément les territoires entre Alpes et Jura).

Enfin, il chargea le roi des Alains qui étaient établis sur la Loire, Goar, de surveiller les Armoricains. Ainsi, il contribua par sa politique à dessiner certains des traits marquants du territoire français au haut Moyen Âge.

Mais la notoriété d'Aetius est surtout due à ce que l'Historiographie a fâcheusement nommé la « bataille des Champs catalauniques ».

Cette bataille se déroula en réalité au lieu-dit campus mauriacus près de Troyes et marqua la fin de l'invasion des Huns, menés par Attila, en Gaule. Aetius y commanda la coalition romano-barbare aux côtés du roi wisigoth Théodoric Ier et de Burgondes, d'Alains, de Saxons et de Francs qui étaient ses alliés.

Triomphant, il fut finalement victime des jalousies que ses victoires lui avaient apportées à Rome. Il mourut, en effet, assassiné sur l'ordre de Valentinien III en 454.

See also: Aetius, 428, 433, 454, Alains, Alaric Ier, Alpes, Armorique, Attila