Ad hominem
Typiquement un argument ad hominem est construit comme suit :
- Untel affirme la proposition A
- On peut reprocher des faits B (disjoints) à Untel
- Donc ce que dit Untel est faux.
C'est une des logiques fallacieuses les plus connues. C'est une des techniques les plus utilisées en rhétorique malgré son manque de finesse.
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Utilisation et validité
Il n'y a argument ad hominem que si, et seulement si, l'émetteur de la proposition n'en est pas la source ou ne s'en porte pas garant. On peut par exemple rejeter un témoignage lors d'un procès si le témoin se contredit. On parle alors de perte de crédibilité.
Tout argument ad hominem n'est pas toujours une attaque personnelle comme le montre l'exemple suivant : « Jean prétend que l'on peut tuer sous le coup de la colère, mais ce n'est pas possible : il ne perd jamais son sang froid. »
Sous type
ad personam
Les attaques personnelles consistent assez souvent à insulter son adversaire (souvent de manière excessive), mais il peut aussi s'agir d'évoquer des faits gênants pour le locuteur non liés aux arguments. Évidemment ceci est fallacieux car la personnalité de l'auteur n'influe pas sur la validité et la logique des arguments.
« Jacques a tort quand il prétend que Dieu n'existe pas car c'est un fieffé gredin. »
En revanche, l'exposé de motifs inconscients par lesquels un interlocuteur pourrait se refuser à admettre une thèse, par exemple en raison d'intérêts personnels ou familiaux contraires, ne constitue pas un sophisme ad personam. Il porte en effet sur une explication de perception et non sur la démonstration du fond de la chose alléguée.
circonstanciel
Les arguments ad hominems circonstanciels sont ceux consistant à mettre en avant des faits relatifs au passé ou aux convictions d'une personne pour discréditer son point de vue. Il consiste souvent à affirmer que la personnalité du locuteur biaise l'argument :
« Le président Jacques Chirac a annoncé qu'il était important que le président de la République ne puisse être poursuivi dans l'exercice de ses fonctions, car il est lui même potentiellement inculpable. »
Il est à noter que la logique doit être distinguée de la véracité d'un propos. La causalité, ou les implications du deuxième terme sur le premier sont peut être avérées mais non démontrées logiquement dans cette phrase. La proposition énoncée plus haut est fausse d'un point de vue strictement logique. Voir également Post hoc, ergo propter hoc.
tu quoque
tu quoque signifie toi aussi. Il s'agit de jeter l'opprobre sur la personne en raison de choses qu'elle a faites par le passé, en révélant une incohérence de ces actes avec les arguments qu'elle défend :
« Comment Voltaire peut-il prétendre parler de l'égalité des Hommes alors qu'il avait investi dans le commerce des esclaves ? »
« Comment peut-on lire ce que Jean-Jacques Rousseau peut écrire sur l'éducation des enfants alors qu'il a abandonné les siens ? »
Classification
Les arguments ad hominem font partie des manœuvres dilatoires appelées chiffon rouge (en anglais red herring, ou manœuvre de diversion). La méthode appelée empoisonner le puits est une sous-catégorie de ce type d'arguments.
