Action directe (groupe armé)
Action Directe est le résultat de la fusion des GARI (Groupes d'Action Révolutionnaire Internationalistes) et des NAPAP (Noyaux Armés pour l'Autonomie Populaire), qui aboutit en 1977 à la création d'une « coordination politico-militaire interne au mouvement autonome ». Cette coordination se transforme en 1979 en une « organisation de guérilla » qui commence alors à revendiquer ses attentats sous le nom d'Action Directe, au nom de « la lutte contre l'impérialisme » et pour « la défense du prolétariat ». À partir de 1984, Action Directe s'est allié à la Fraction Armée Rouge dans le cadre de la stratégie d'« unité des révolutionnaires en Europe de l'Ouest ».
Plus globalement, ce groupe a été l'expression en France d'un courant se revendiquant du marxisme et véhiculant l'idée que les actions terroristes étaient un moyen légitime de renverser un régime considéré comme oppressif. Durant ce qu'on a appelée les « années de plomb », de nombreux groupuscules ont repris l'idéologie de la « propagande par le fait » prônée par certains militants anarchiste lors des deux dernières décennies du XXe siècle: la Fraction Armée Rouge ou (« bande à Baader ») en RFA, les Brigades Rouges en Italie, Sekigunha (faction armée rouge japonaise), 17-Novembre en Grèce, Armée républicaine irlandaise, cellules communistes combattantes en Belgique, ETA, Weathermen aux États-Unis, KP-ML et Devrimci Sol en Turquie…
Action Directe a notamment revendiqué le mitraillage du siège du patronat le 1er mai 1979, mais aussi des attentats contre des ministères, des agences immobilières, des bâtiments de l'armée française, des sociétés liées au complexe militaro-industriel, des attentats contre l'État israélien, ainsi que l'assassinat du général Audran (responsable des ventes d'armes de l'État français) en 1985, puis de Georges Besse, le PDG de Renault, en 1986. À ces nombreux attentats s'ajoute un certain nombre de vols à main armée revendiqués par le groupe comme des « expropriations prolétariennes ».
Le 21 février 1987, les principaux membres d'Action Directe, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, et Georges Cipriani ont été arrêtés dans une ferme de Vitry-aux-Loges, dans le Loiret. Ils ont été tous les quatre condamnés (tout comme Régis Schleicher, arrêté en 1984) à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine incompressible de 18 ans. La demande de libération anticipée de Régis Schleicher a été jusqu'à maintenant repoussée par le juge d'application des peines mais la peine de Joëlle Aubron a été suspendue en 2004 pour raisons de santé.
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Bibliographie
- Pour un projet communiste, Action Directe, DOCOM 1982
- Textes de prison, 1992-1997, Action Directe, JARGON LIBRE 1997
- Le Prolétaire précaire, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Régis Schleicher, ACRATIE 2000
- Je hais les matins, Jean-Marc Rouillan, DENOËL 2001
- Action Directe. Du terrorisme français à l'euroterrorisme, Alain Hamon et Jean-Charles Marchand, SEUIL 1986
- Paroles Directes. Légitimité, révolte et révolution : autour d'Action Directe, Loïc Debray, Jean-Pierre Duteuil, Philippe Godard, Henri Lefebvre, Catherine Régulier, Anne Sveva, Jacques Wajnsztejn, ACRATIE 1990
- La longue Traque d'Action Directe, Roland Jacquard, ALBIN MICHEL 1987
- Action Directe : ultra-left terrorism in France, Michael York Dartnell, LONDON 1995
Filmographie
Action Directe : la révolution à tout prix, Jean-Charles Deniau, FRANCE 3 - THEOPHRASTE 2001
Liens internes
- Brigades Rouges
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Liens externes
Campagne pour la libération des prisonniers d'Action Directe :
