Accord de Taef


L'accord de Taef est un traité inter-libanais destiné à mettre fin à la guerre civile libanaise qui a duré de 1975 à 1990. Négocié à Taef, en Arabie saoudite, par des membres du Parlement Libanais et sous les auspices de différent pays (Syrie, Arabie saoudite, France, États-Unis), il est signé le 22 octobre 1989. Il définit notamment la nature des relations libano-syriennes.

Apportant des réformes constitutionnelles en visant surtout le territoire et le statut du Sud-Liban, cet accord prévoit également un rééquilibrage de l'exécutif avec une redéfinition des prérogatives du Président de la République (chrétien maronite) et du Premier Ministre (sunnite), et à terme, l'abolition du confessionnalisme (Partie I de l'accord). Il demande au gouvernement d'union nationale d'élaborer un plan détaillé de sécurité (Partie II), destiné entre autres au désarmement total de toutes les milices, au retrait par étape des forces syriennes, coordonné avec l'État libanais et à l'adoption de lois donnant droit à tout réfugié libanais à partir de 1975 de regagner le lieu d'où il fut extradé.

Ces trois points sont restés en partie lettre morte à ce jour. D'une part le Liban n'instruit finalement pas le désarmement de plusieurs groupes armés, comme l'ALS (Armée du Liban sud, alliée d'Israël) qui n'est dissoute qu'en 2000, ainsi que plusieurs groupes palestiniens qui résident dans des camps de réfugiés. Ces derniers justifient leur refus de désarmer par le besoin de se protéger d'Israël. Enfin, le Hezbollah opère toujours au sud du Liban avec un soutien d'une partie de la population, cependant ces actions contre Israël ont amené certains observateurs dont des représentants du gouvernement libanais à considérer qu'il ne s'agit pas d'une milice mais d'un mouvement de résistance, tandis qu'au contraire une partie de l'opposition libanaise estime qui s'agit d'une milice qui doit être désarmée dans le cadre de Taef, désarmement auquel la plupart des observateurs, y compris le Hezbollah, aspirent une fois le litige avec Israël sur les fermes de Chebaa clos. La Syrie quant à elle soutient que selon l'accord de Taef, son retrait ne peut se décider qu'avec l'agrément du Liban, repoussant jusqu'en 2005 un retrait de ses 14 000 soldats et 4000 membres des services secrets, et décide finalement en mars 2005 un retrait total (incluant les services de renseignement) qui se termine le 26 avril. Toutefois, les États-Unis et l'ONU ne croient pas à l'évacuation des services de renseignements syriens et annoncent des missions d'inspections supplémentaires. Pour finir, le retour des déplacés n'a pu être accompli que partiellement faute de fonds d'indemnisation, mais aussi par endroits, par le fait que la « mixité » confessionnelle induite par ces déplacements de population n'était pas réalisable sans engendrer de nouvelles tensions.

D'autres points de l'accord n'ont également pu être réalisés que partiellement ou tardivement, comme l'aboutissement au retrait d'Israël de zones du sud Liban qui eu lieu en 2000, à l'exception du territoire contesté des fermes de Chebaa.

Lors de l'établissement de l'accord de Taef, certains opposants libanais le dénoncent, étant selon eux signé à l'apogée de l'occupation syrienne et par un Parlement non réélu depuis près de 15 ans. Parmi eux, le général Michel Aoun, alors premier ministre intérimaire et commandant en chef de l'armée libanaise.

En août 1990, l'accord est entériné par le Parlement libanais et devient partie de la Constitution libanaise. En octobre de la même année, la guerre civile cesse avec l'éviction du général Aoun, à l'issue d'une offensive menée par l'armée syrienne et des éléments dissidents de l'armée libanaise.

L'accord de Taef est suivi de la signature en 1991 d'un Traité de fraternité, de coopération et de coordination entre le Liban et la Syrie. Pour beaucoup de libanais, cet accord n'a été que l'officialisation de l'annexion du Liban.

Liens externes

See also: Accord de Taef, 1975, 1989, 1990, 1991, 2000, 22 octobre, Arabie saoudite, Fermes de Chebaa, France