Qi (spiritualité)
Le ki en japonais, le qi (prononcer « tchi ») en chinois, désigne l'« énergie vitale ». Il s'agit d'une croyance mystique expliquant la vie (voir l'article Spiritualité) : les mouvements, les pensées, les interactions entre les êtres. Pour simplifier, nous n'utiliserons que le terme « ki » à moins que la phrase ne se réfère explicitement à la Chine.
Dans cette croyance, le ki englobe tout l'univers et relie les êtres entre eux ; il circule à l'intérieur du corps par des méridiens qui se recoupent tous dans le « centre des énergies » appelé seika tanden au Japon et dantian en Chine.
La notion de qi est à l'origine de techniques de la médecine traditionnelle chinoise, comme l'acupuncture et les massages qui consiste à stimuler les points de rencontre des méridiens ; l'équilibre alimentaire et l'exercice (gymnastique et massages préventifs comme dans le qi gong) ont pour but de maintenir l'équilibre et le dynamisme du qi dans le corps. De même au Japon, le but du shiatsu (massages) et des exercices physiques (dont les exercices respiratoires) est de stimuler le ki ; le kiatsu est une technique de soin par imposition des mains et stimulation du ki du malade, utilisé par exemple sur une personne inconsciente.
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Le centre des énergies
Le centre des énergie (dantian ou seika tanden), point d'intersection de tous les méridiens, est donc le « carrefour » du ki. Il se situe dans le ventre, à deux largeurs de doigt (environ 3 cm) sous le nombril.
Ce point est un symbole fort dans cette croyance. On peut remarquer que :
- lorsqu'une personne respire, c'est son ventre qui se gonfle et se dégonfle (les poumons s'étendent vers le bas en poussant le diaphragme et les viscères à l'inspiration), on peut le constater en regardant une personne dormir ;
- le centre de gravité se situe vers cet endroit : si l'on allonge une personne sur une balançoire à bascule, il faut que ce point soit au dessus du pivot pour que la planche puisse rester horizontale ; au judo, de nombreuses techniques de projection consistent à bloquer le corps sous ce point pour le faire basculer ;
- la mère porte le fœtus dans son ventre ;
- le seppuku (suicide rituel japonais parfois appelé à tort hara kiri) consiste à s'ouvrir le ventre avec un tanto (couteau-sabre).
Le ki et les arts martiaux
Les arts martiaux chinois (wushu) et japonais (budo) font beaucoup référence au ki. Par exemple lorsqu'un coup est porté (atemi en japonais), c'est le ki du frappeur qui est transmis à l'adversaire et provoque la blessure ; à ce titre, l'important est plus de frapper un point vital (rencontre de méridiens) que de mettre de la puissance physique. Le cri, kiai (parfois vu à tort comme le « cri qui tue » des karatékas), est une autre manière d'extérioriser le ki. Lors des exercices de casse (de briques, tuiles, planches, pierres, parpaings...), le ki est concentré à l'extrémité du poing et provoque la rupture.
Le ki reliant les êtres, il relie également les deux adversaires (ou partenaires dans le cadre d'une pratique amicale). Ainsi, un des principes de l'aikido est d'unir les énergies des partenaires afin de supprimer l'aggression. Au kyudo (tir à l'arc zen), on considère que la flèche est reliée à la cible, qu'elle fait déjà partie dela cible avant même d'être décochée.
Réalité du ki
Comme toute croyance, elle est réelle pour ceux qui y croient. Toutefois, même un esprit cartésien peut s'étonner de l'efficacité atteinte notamment par les artistes martiaux en faisant appel au ki.
On peut voir le ki comme un « modèle d'action » (voir l'article sur la psychologie cognitive) : pour agir, une personne commence par visualiser l'action puis laisse son corps bouger en fonction de l'apprentissage antérieur. Ainsi, une fois qu'un enfant a appris à marcher, il ne réfléchit plus à ses mouvements ni à leur coordination mais se contente de regarder l'endroit où il veut aller ; de même, une fois qu'une personne a appris à conduire, elle ne réfléchit plus au mouvements de ses bras mais se contente de visualiser la manœuvre, l'action sur le volant se faisant de manière « naturelle » (en fait, conditionnée).
Le ki est l'image qu'ont bâtie ces sociétés asiatiques pour modéliser la vie à une époque où l'on ne savait rien du corps. On peut remarquer que ce modèle est relativement pertinent, puisqu'il peut se rapprocher de la notion d'influx nerveux et de circulation sanguine. Ainsi, pour frapper du poing, ils ont imaginé que le ki partait du centre des énergies et allait jusqu'à l'extrémité du poing. Ayant éduqué leur corps avec cette image, il leur suffit de visualiser l'influx du ki pour laisser le poing partir.
Cette manière de voir est sans doute plus efficace que d'autres, si l'on en juge l'efficacité martiale atteinte. Cette efficacité est une « efficacité pédagogique » (ce modèle, cette manière d'imager le mouvement est meileure que d'autres), et n'est pas le signe que le ki « existe ». En revanche, si l'on veut atteindre la même efficacité martiale, il faut probablement suivre la même démarche, donc accepter ce modèle. Par exemple, un médecin qui connaît parfaitement, de manière scientifique, les détails du système nerveux, du squelette et des muscles, ne sait pas pour autant mieux utiliser son corps.
Expressions
- ai ki : union des énergies
- ki no nagare : continuité du ki, désigne la fluidité des mouvements, par exemple l'application d'une technique d'aikido sans marquer d'arrêt et en maintenant constamment le déséquilibre du partenaire (s'oppose à kihon waza, techniques de base en tant qu'élément du mouvement complet)
Inspiration
La notion de ki a inspiré la notion de Force dans l'univers de La Guerre des étoiles.
Autres acceptions
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