1917 dans les chemins de fer


Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1917, un train de permissionnaires venus d'Italie, heureux de retrouver le sol français, quitte la gare de Modane où 2 rames supplémentaires lui ont été raccordées. Mais le voyage qui devait les reconduire dans leur famille pour les fêtes de fin d'année s'achève tragiquement à Saint-Michel-de-Maurienne.

Le convoi de 19 wagons (350 mètres et 526 tonnes), transportant officiellement quelques 982 « Poilus » est devenu incontrôlable, lancé à la vitesse de 150 km/h.

En fait, le convois transportait beaucoup plus de soldats et se trouvait en surcharge pour la pente de la voie entre Modane et Saint-Michel-de-Maurienne. Le conducteur ayant refusé de prendre le départ en raison des risques en gare de Modane a été menacé de conseil de guerre par un officier qui l'a obligé à faire démarrer le convoi.

La première voiture déraille et l'attelage se rompt, à 1 300 mètres seulement de la gare de Saint-Michel-de-Maurienne. Les wagons de bois, encastrés les uns dans les autres prennent feu rapidement et brûlent jusqu'au matin.

De l'amas de ferraille, 427 corps sont officiellement retirés, affreusement mutilés puis inhumés dans un terrain communal contigu au cimetière.

Au même titre que l'hôpital militaire de Saint-Jean-de-Maurienne, l'usine toute proche de La Saussaz est réquisitionnée pour soigner les blessés.

Cet accident, qui demeure aujourd'hui encore la plus grande catastrophe ferroviaire française, est le souvenir le plus tragique de la Grande Guerre (1914-1918) qui touche peu la Savoie.

Cet accident est resté classé secret militaire pendant de nombreuses années après la fin de la guerre.

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